Les activités d’extraction artisanale d’or sont officiellement suspendues sur le site minier de Mabela, situé dans la ville de Kamituga, au Sud-Kivu. La décision conservatoire a été prise dimanche 19 juillet par le maire intérimaire, Alexandre Faradja Yogolelo, au lendemain d’un éboulement meurtrier survenu dans un puits d’or.
Le bilan provisoire de cet accident fait état d’au moins six personnes décédées et d’une dizaine de blessés. Ce nouveau drame relance les préoccupations sur les conditions de sécurité des creuseurs artisanaux dans cette zone minière.
Face à la répétition des accidents dans les sites d’orpaillage, la société civile appelle à une réaction des autorités compétentes. Fiston Wisoba, coordinateur du Bureau des inspecteurs des droits de l’homme, réclame l’ouverture d’une enquête approfondie et l’implication des structures nationales.
« Lorsque des accidents se répètent dans des puits d’or, c’est une honte au niveau national. Nous avons l’Inspection générale des mines, nous pouvons aussi demander une mission d’audit urgente à Kamituga », a-t-il déclaré.
En attendant les conclusions des enquêtes, l’administration urbaine de Kamituga a ordonné la fermeture temporaire des puits concernés. Benjamin Muloba, secrétaire particulier du maire intérimaire, précise que cette mesure vise à permettre aux services compétents, notamment ceux des Mines et le SAEMAPE, d’effectuer un état des lieux avant toute éventuelle reprise des activités.
« L’autorité urbaine sur place a ordonné la fermeture temporaire de ces puits en attendant que les enquêtes se poursuivent et que les services des Mines ainsi que le SAEMAPE puissent faire un état des lieux. C’est après cela qu’il y aura peut-être réouverture de ces chantiers », a-t-il expliqué.
Cette suspension intervient dans un contexte de renforcement de la surveillance des activités minières artisanales dans la province du Sud-Kivu. En mai 2026, le gouvernement congolais avait déjà suspendu pour une durée de trois mois les activités minières dans les territoires voisins de Mwenga et Shabunda, afin de lutter contre l’exploitation illicite des minerais et de prévenir les risques sécuritaires.
Tenplar Ngwadi
