Depuis sa prise de fonctions à la tête de l’Inspection générale des Mines (IGM), Raphaël Kabengele entend inscrire son action dans une dynamique de renforcement du contrôle, de lutte contre la fraude et de consolidation de la traçabilité des minerais en République démocratique du Congo.
Raphaël Kabengele a été officiellement nommé Inspecteur Général, le 31 décembre 2025 par une ordonnance présidentielle du Chef de l’État Félix Tshisekedi, et il a placé ainsi son mandat dans une institution appelée à jouer un rôle central dans l’assainissement du secteur minier congolais.
Créée par le décret n°23/19 du 9 juin 2023, l’Inspection générale des Mines est chargée du contrôle, de l’audit et de la lutte contre la fraude dans le secteur minier. Elle constitue également un instrument de coordination et de liaison entre les différentes entités publiques intervenant dans le contrôle et la traçabilité des produits miniers, depuis les sites d’extraction jusqu’aux points d’exportation.

Un mandat placé sous le signe du contrôle
Pour l’Inspecteur Général des Mines, le contrôle constitue l’un des principaux leviers permettant de restaurer la confiance et de garantir une meilleure gouvernance des ressources minières congolaises.
Lors de la DRC Mining Week 2026, organisée à Lubumbashi, l’Inspecteur général des Mines a affiché sa volonté de renforcer les mécanismes de contrôle et de mettre fin aux pratiques frauduleuses qui affectent le secteur. Il a notamment insisté sur la nécessité d’assurer la traçabilité des minerais tout au long de la chaîne de valeur.
« Nous allons assurer la traçabilité à partir du point d’extraction jusqu’au point d’exploitation, en passant par l’unité de traitement », avait-il déclaré lors d’une interview accordée à la presse.
Cette orientation rejoint les enjeux actuels de gouvernance du secteur minier congolais, alors que la RDC cherche à mieux valoriser ses ressources et à renforcer la transparence des circuits de production et de commercialisation.

De Kinshasa au terrain : l’IGM se rapproche des zones minières
En juillet 2026, une mission de l’IGM a été présentée aux autorités provinciales de la Tshopo. L’implantation récente de l’Inspection générale des Mines dans cette province illustre la volonté de rapprocher le dispositif de contrôle des réalités locales.
La mission présentée à Kisangani avait notamment pour objectif de lutter contre la fraude, la contrebande et l’exploitation illicite des ressources minières, mais également de sensibiliser les acteurs du secteur au respect des textes légaux et réglementaires encadrant les activités minières.
Une délégation de l’IGM dépêchée par Raphaël Kabengele avait par ailleurs été chargée de mener une mission d’inspection et de contrôle auprès de la coopérative Mwima.
Cette démarche traduit une approche qui associe contrôle et sensibilisation, avec l’objectif de faire respecter les règles qui encadrent l’exploitation minière tout en distinguant les activités régulièrement établies des pratiques illicites.

Traçabilité : une priorité stratégique
La traçabilité apparaît comme l’un des axes majeurs défendus par l’Inspection Générale des Mines. Pour l’Inspecteur général, le contrôle ne peut être efficace que s’il permet de suivre le minerai depuis son extraction jusqu’à sa transformation et son acheminement.
À Lubumbashi, lors de la DRC Mining Week, Raphaël Kabengele avait également évoqué les difficultés liées à l’exploitation illicite dans certaines zones d’exploitation artisanale, notamment dans le Haut-Katanga. Il avait indiqué que des missions avaient déjà été réalisées sur le terrain afin d’évaluer la situation et de proposer des solutions adaptées.
L’Inspecteur général avait en outre rappelé que le Code minier reconnaît des droits aux populations locales dans le cadre de l’exploitation artisanale, tout en soulignant la nécessité d’un encadrement rigoureux et du respect des textes.
Dans ce dispositif, l’Inspection générale des Mines occupe une place importante, notamment pour contribuer au contrôle, à l’identification des irrégularités et à la coordination des actions visant à assainir le secteur.

La Garde minière, nouveau dispositif annoncé
L’une des initiatives les plus marquantes associées à la nouvelle dynamique de l’IGM est la création annoncée de la Garde minière.
Présentée en avril 2026, cette unité doit contribuer à sécuriser les sites miniers et les chaînes d’approvisionnement, tout en participant à la lutte contre la fraude et la contrebande.
Selon les informations communiquées, la Garde minière doit être progressivement déployée dans les principales zones minières du pays. Son effectif doit, à terme, dépasser 20 000 personnes, avec une première phase opérationnelle annoncée pour la fin de 2026.
Raphaël Kabengele a présenté cette initiative comme un instrument destiné à contribuer à l’assainissement du secteur minier. Il a notamment expliqué que la volonté présidentielle était de débarrasser le secteur des pratiques contraires à la bonne gouvernance, à la transparence et à la traçabilité des minerais.
La future unité doit notamment contribuer à la sécurisation des sites, à l’accompagnement du transport des minerais entre les zones d’extraction, les unités de traitement et les points de sortie, ainsi qu’à la protection des investissements.
Une vision qui accompagne la transformation du secteur
Au-delà de la lutte contre la fraude, l’Inspecteur Général défend une vision plus large du rôle de l’Inspection générale des Mines dans la transformation du secteur minier congolais.
L’action de l’IGM s’inscrit ainsi dans un environnement où les enjeux liés aux minerais critiques prennent une importance croissante, aussi bien pour l’économie congolaise que pour les chaînes d’approvisionnement internationales.

Raphaël Kabengele, une nouvelle impulsion à l’IGM
Quelques mois seulement après sa nomination, Raphaël Kabengele a ainsi engagé son action autour de plusieurs axes : renforcement du contrôle, lutte contre la fraude et la contrebande, traçabilité des minerais, présence accrue sur le terrain et professionnalisation des mécanismes de surveillance du secteur.
Son discours public insiste régulièrement sur la nécessité de faire respecter les textes, de mieux contrôler la chaîne de valeur et de protéger les activités légalement établies.
Dans cette dynamique, l’Inspection générale des Mines cherche à consolider son rôle d’instrument public de contrôle et d’assainissement du secteur minier congolais.
L’enjeu est de taille pour la République démocratique du Congo : mieux contrôler ses ressources, sécuriser les chaînes de production et de commercialisation, réduire les circuits frauduleux et renforcer la transparence autour des minerais qui constituent l’un des principaux atouts économiques du pays.
Jean-Claude Mombong Mass
