L’ancien député national de la ville de Goma, Jean-Baptiste Muhindo Kasekwa, appelle les autorités congolaises à reconsidérer la suspension des activités académiques dans les établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire de Goma et Bukavu.
Dans un plaidoyer adressé au président de l’Assemblée nationale le mardi 1er septembre 2026, il demande notamment la mise en place d’un plan de reprise sécurisée des cours.
Dans ce document, Jean-Baptiste Kasekwa rappelle que, malgré la prise de Goma et de Bukavu par l’AFC/M23 en janvier et février 2025, le gouvernement congolais avait, selon lui, maintenu la continuité des activités de l’ESU dans les deux provinces. Il estime que cette orientation était conforme à la Résolution 2601 (2021) du Conseil de sécurité des Nations unies, consacrée à la protection de l’éducation dans les conflits armés. Cette résolution demande notamment aux parties de garantir, protéger, respecter et promouvoir le droit à l’éducation, y compris en période de conflit.

L’ancien parlementaire situe un tournant au 7 août 2026, date à laquelle il affirme que l’AFC/M23 a procédé à des nominations au sein des comités de gestion de plusieurs établissements publics de Goma et Bukavu. Il considère ces désignations comme une ingérence dans la gestion des institutions publiques et appelle à leur annulation. Ces appréciations relèvent de la position défendue dans son plaidoyer.
En réaction à ces nominations, le ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire a suspendu, le 20 août 2026, les activités académiques et para-académiques dans onze institutions publiques de Goma et Bukavu. La mesure concerne notamment les enseignements, inscriptions, réinscriptions, évaluations, délibérations et autres actes académiques. Pour les étudiants finalistes de l’année 2025-2026, des possibilités de poursuivre leurs évaluations dans d’autres établissements ont également été annoncées.
Jean-Baptiste Kasekwa estime toutefois que cette suspension affecte directement environ 44.000 étudiants et risque de compromettre l’achèvement de l’année académique 2025-2026. Il relève également les difficultés liées au transfert des étudiants vers d’autres établissements, notamment le coût plus élevé des études dans le privé, les dépenses de déplacement, de logement et de restauration, ainsi que les contraintes liées à la circulation entre Goma et d’autres villes universitaires.
Le plaidoyer revient également sur la situation du personnel académique, scientifique, administratif et ouvrier concerné par les nominations effectuées dans les établissements de Goma et Bukavu. Kasekwa demande que les situations administratives soient examinées individuellement, estimant que certains membres du personnel avaient été nommés antérieurement par les autorités congolaises et exerçaient déjà leurs fonctions avant les nouvelles désignations. Il appelle ainsi à éviter une approche indistincte des sanctions et des mesures concernant les rémunérations.
Face à cette situation, l’ancien député demande à l’Assemblée nationale d’intervenir auprès de la ministre de l’ESU afin de privilégier les démarches diplomatiques et de reconsidérer la suspension des activités académiques. Il propose également une saisine coordonnée du Conseil de sécurité de l’ONU, de l’UNESCO, de l’Union africaine, de la SADC et de l’EAC afin de préserver la neutralité des établissements universitaires dans les zones contrôlées par l’AFC/M23.
Tenez, Jean-Baptiste Kasekwa appelle les partenaires de la médiation de Doha, notamment le Qatar, à encourager la mise en œuvre du protocole relatif à l’accès aux services essentiels, dont l’éducation et la santé. Son plaidoyer met ainsi l’accent sur la nécessité de préserver la continuité de l’enseignement supérieur tout en recherchant une solution à la question de la gestion des institutions universitaires. Pour lui, l’enjeu est de protéger l’avenir des étudiants et d’éviter que l’ESU ne devienne une nouvelle victime du conflit.
Magloire Mutulwa
