L’affaire concernant Nathanaël Onokomba connaît un nouveau développement qui suscite de nombreuses interrogations du côté de sa défense. Il se retrouve devant un juge le 28 août 2026 en foraine à la Prison Centrale de Makala.
Me Godefroid Mwanabwato dénonce ce qu’il qualifie de « ping-pong judiciaire » entre les juridictions militaires et les juridictions ordinaires, alors que son client se retrouve actuellement détenu à la Prison Centrale de Makala.
Selon l’avocat, la procédure avait initialement été engagée devant les juridictions militaires. Le dossier a finalement été examiné par le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Gombe, qui s’est déclaré incompétent pour l’une des infractions reprochées à Nathanaël Onokomba et a statué sur l’autre, en prononçant son acquittement.
Pour la défense, ce jugement aurait dû mettre fin à la procédure militaire concernant les faits déjà examinés.
La transmission d’un dossier n’est pas la transmission d’une détention
Le retour du dossier devant les juridictions de droit commun soulève toutefois, selon Me Godefroid Mwanabwato, d’importantes questions de procédure.
Il affirme que la juridiction ordinaire retient contre Nathanaël Onokomba les mêmes infractions que celles déjà examinées dans le cadre de la procédure militaire. Il estime que si le parquet de droit commun entendait engager de nouvelles poursuites, il devait s’agir d’une nouvelle procédure, avec les actes judiciaires nécessaires, et non d’une simple continuation administrative du dossier précédent.
La défense insiste particulièrement sur le statut actuel de la détention de son client.
« La transmission d’un dossier n’est pas la transmission de la détention. On peut bien transmettre un dossier, mais on ne transmet pas la détention », explique Me Godefroid Mwanabwato, pour qui la privation de liberté doit nécessairement reposer sur un acte juridique précis et identifiable.
Sur quel titre Onokomba est-il détenu à Makala ?
La défense affirme ne pas encore comprendre sur quelle base juridique Nathanaël Onokomba est actuellement maintenu en détention à la Prison Centrale de Makala.
Me Godefroid Mwanabwato s’interroge notamment sur l’acte par lequel le parquet de droit commun aurait été saisi du dossier, ainsi que sur la date à laquelle son client aurait été interrogé par ce parquet.
L’avocat demande également à connaître l’existence éventuelle d’un nouveau mandat d’arrêt provisoire, sa date de délivrance et l’autorité devant laquelle le prévenu aurait comparu.
Autre interrogation soulevée par la défense : l’existence d’une ordonnance judiciaire autorisant la détention préventive, conformément aux dispositions des articles 29 et 30 du Code de procédure pénale, ainsi que l’endroit où cet acte pourrait être consulté.
La question du mandat et de l’interrogatoire
Pour Me Mwanabwato, même dans l’hypothèse où un mandat aurait été délivré, la procédure devrait être vérifiée au regard des règles applicables.
L’avocat soutient notamment que si un mandat existe sans que Nathanaël Onokomba ait préalablement été interrogé par le ministère public qui l’aurait délivré, la procédure pourrait poser problème au regard de l’article 28 du Code de procédure pénale.
Il demande donc que soit clairement établi le fondement juridique de la privation actuelle de liberté : mandat, ordonnance judiciaire ou tout autre acte juridictionnel régulièrement délivré.
Une procédure qualifiée d’« atypique »
La défense qualifie ainsi la situation de « cas sui generis », estimant que la succession des procédures ne correspond pas, à ses yeux, au déroulement classique d’une procédure pénale.
Me Godefroid Mwanabwato rappelle que le dossier a connu plusieurs étapes depuis le début de l’année, évoquant notamment le passage de Nathanaël Onokomba par le Conseil national de cyberdéfense, puis par la Prison militaire de Ndolo, avant son transfert à la Prison Centrale de Makala.
Pour l’avocat, cette succession de procédures et de lieux de détention nourrit les interrogations sur le fondement juridique du maintien en détention.
La défense entend privilégier la procédure
À l’approche de la nouvelle audience prévue le 28 août 2026 à la Prison Centrale de Makala, Me Godefroid Mwanabwato précise que la défense entend d’abord se concentrer sur les questions de procédure et non sur le fond des accusations.
Selon lui, les questions de fond devront être examinées dans le cadre approprié avec le ministère public. La priorité immédiate consiste, pour la défense, à déterminer dans quelles conditions et sur quel titre juridique Nathanaël Onokomba est actuellement privé de liberté.
L’avocat dénonce enfin une situation qu’il considère comme dépassant les simples irrégularités procédurales et va jusqu’à évoquer, sous réserve des vérifications nécessaires, une possible « persécution par voie judiciaire ».
Une accusation grave qui devra être confrontée aux actes de procédure et aux décisions judiciaires versés au dossier. Pour l’heure, la défense réclame principalement de la clarté sur la chaîne juridique ayant conduit au maintien de Nathanaël Onokomba à la Prison Centrale de Makala.
Zacharie M. Mikounga
