Le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social, Augustin Kabuya, a multiplié les attaques contre plusieurs figures de l’opposition congolaise ce lundi 11 mai 2026, lors d’une conférence de presse organisée au siège du parti présidentiel à Kinshasa.
Très offensif, le cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social s’est particulièrement attaqué à Martin Fayulu, Olivier Kamitatu ainsi qu’à Delly Sesanga, tout en défendant le leadership du président Félix Tshisekedi.
Réagissant aux récentes déclarations de Martin Fayulu, qui affirmait avoir « ressuscité l’UDPS en 2010 », Augustin Kabuya a dénoncé des propos qu’il considère comme « un manque de respect envers l’UDPS ».
« Fayulu sait dans quelles conditions il était venu à l’UDPS. Et nous l’avons fabriqué. Puisque dans tout ce que nous avons mené comme combat, Fayulu n’était pas avec nous », a-t-il déclaré.
Le secrétaire général du parti présidentiel a affirmé que l’opposant ne représentait à l’époque qu’un acteur politique « mineur », avant d’être, selon ses mots, « blanchi » et politiquement construit par l’UDPS.
« Aujourd’hui, il ne représente rien et il ne peut même pas mobiliser 500 personnes », a poursuivi Augustin Kabuya.
Le dirigeant de l’UDPS a également rejeté les accusations de Martin Fayulu selon lesquelles il aurait été « roulé » par le président Félix Tshisekedi lors de précédentes discussions politiques.
« Je n’ai pas été associé à cette discussion. Je ne sais pas ce qu’on lui avait promis pour affirmer qu’il a été roulé », a-t-il déclaré.
Dans la même conférence de presse, Augustin Kabuya a affirmé que « de tous les présidents qu’a connus la RDC, seul Félix Tshisekedi n’est pas tribal », présentant le chef de l’État comme un dirigeant attaché à l’unité nationale.
S’en prenant à Olivier Kamitatu, il a dénoncé l’attitude de certains responsables politiques qu’il accuse d’avoir abandonné leurs formations politiques pour devenir des « porteurs de mallette » d’autres leaders.
Le secrétaire général de l’UDPS n’a pas non plus épargné Delly Sesanga, qu’il a qualifié de « frustré », l’accusant de manquer de sincérité politique et d’avoir nourri des ambitions gouvernementales déçues sous le mandat de Félix Tshisekedi.
Interrogé sur les critiques récurrentes concernant son absence de prises de parole en séance plénière à l’Assemblée nationale, Augustin Kabuya a expliqué privilégier un travail de coordination interne.
« Je traite beaucoup de dossiers à l’Assemblée nationale sans faire de bruit. Je traite dans le groupe », a-t-il affirmé, estimant qu’une omniprésence dans les interventions pourrait être interprétée comme une forme de dictature au sein du groupe parlementaire.
Revenant également sur ses déclarations faites en 2019 au sujet de l’ancien président Joseph Kabila, qu’il avait qualifié à l’époque de « sérieux » pour avoir cédé le pouvoir à l’UDPS, Augustin Kabuya a expliqué que cette position répondait à un contexte politique particulier.
Selon lui, la coalition au pouvoir devait alors faire preuve de prudence face à un ancien régime qui conservait encore une forte influence sur les institutions sécuritaires et administratives.
« À l’époque, il fallait faire preuve de sagesse et de retenue dans la manière de le gérer. Nous avons volontairement adopté un profil bas, car il conservait encore le contrôle de l’armée et de l’ensemble des leviers du pouvoir. C’était un choix de haute politique : éviter toute confrontation brutale. Nous avons privilégié la stratégie et la patience. Aujourd’hui, cette approche a porté ses fruits puisque nous avons maintenant l’effectivité du pouvoir », a expliqué le secrétaire général de l’UDPS.
Enfin, évoquant les polémiques autour de la visite de Ferré Gola au siège de l’UDPS, Augustin Kabuya a assuré entretenir de bonnes relations avec les artistes congolais. Il a précisé que la rencontre avec le chanteur visait à mettre fin à certaines polémiques circulant en son nom, affirmant que l’artiste « n’a pas été contraint » de se rendre au bureau du parti.
Tenplar Ngwadi
