L’opposant congolais Marc Kabund est revenu en détail, samedi, sur les événements de janvier 2022 qu’il présente comme le point de départ de sa rupture avec le pouvoir de Félix Tshisekedi. Invité d’un live Space animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, l’ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale a livré sa version des faits ayant conduit à son éloignement du régime.
Selon Marc Kabund, tout serait parti d’un incident survenu dans un embouteillage impliquant son cortège, composé de plus d’une centaine de véhicules. Il affirme qu’un individu se réclamant de la famille présidentielle, accompagné d’un militaire, aurait tenté d’intimider les policiers affectés à sa sécurité et de leur donner des ordres qu’il qualifie d’illégaux.
L’opposant explique que ses éléments de sécurité ont alors maîtrisé l’homme avant de le conduire à l’auditorat militaire pour une déposition. « Dans les États sérieux, la police interpelle tout le monde, même les ministres », a-t-il déclaré, estimant que ses policiers avaient agi conformément aux règles.
Marc Kabund soutient cependant que la réaction du pouvoir a marqué un tournant décisif. Selon lui, plus de 500 éléments de la Garde républicaine auraient été déployés autour de son quartier et de sa résidence, alors qu’il occupait encore les fonctions de président intérimaire de l’Union pour la démocratie et le progrès social et de premier vice-président de l’Assemblée nationale.
L’ancien cadre du parti présidentiel dénonce une intervention qu’il juge disproportionnée et contraire aux procédures légales. Il affirme qu’en cas de faute présumée des policiers commis à sa garde, les autorités pouvaient saisir l’auditorat militaire compétent ou demander leur mise à disposition de la justice par les voies administratives prévues.
« Si la Garde républicaine estimait que les policiers commis à ma garde avaient mal agi, la moindre des choses aurait été de saisir l’auditorat militaire », a-t-il insisté, accusant le pouvoir d’avoir privilégié, selon lui, « la force brute sur le droit ».
Pour Marc Kabund, cette séquence illustre ce qu’il considère comme une dérive du pouvoir. « Envoyer plus de 500 éléments de la Garde républicaine venir assiéger tout un quartier, vandaliser ma maison, ça c’est digne d’un État qui n’existe pas », a-t-il lancé, dans un réquisitoire visant directement le chef de l’État congolais.
Kano M.
