Depuis le début du second mandat du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, la question de la mise en œuvre effective des réformes publiques s’impose comme l’un des principaux défis de la gouvernance en République démocratique du Congo. Pour Isidore Kwandja Ngembo, analyste des politiques publiques et expert en management public et en Gestion axée sur les résultats (GAR), le passage de l’ambition politique à l’action concrète exige une administration davantage tournée vers l’expertise, la performance et les résultats.
Dans une réflexion consacrée à la vision présidentielle et à son impact sur l’agenda des politiques publiques, l’expert estime que les six engagements majeurs du chef de l’État ont permis de fixer des priorités claires pour l’ensemble des institutions du pays.
Selon lui, la reconquête de l’intégrité territoriale, la consolidation de la gratuité de l’enseignement primaire, l’extension de la couverture santé universelle ainsi que la stabilisation du pouvoir d’achat figurent parmi les axes stratégiques qui orientent désormais l’action publique.
« En imposant ces axes comme la boussole obligatoire de l’appareil d’État, le Chef de l’État a rompu avec la dispersion des efforts passés. Ces priorités ne sont plus de simples slogans de campagne, mais des impératifs catégoriques inscrits à l’agenda de toutes les institutions de la République », souligne-t-il.
Pour Isidore Kwandja Ngembo, la volonté politique ne peut toutefois produire des résultats durables sans une administration fondée sur le mérite et les compétences techniques. Il plaide ainsi pour une rupture avec les logiques de clientélisme et les nominations partisanes au profit d’une culture de performance.
L’expert considère que les technocrates jouent un rôle central dans la transformation des orientations politiques en projets concrets capables d’améliorer les conditions de vie de la population. Selon lui, ces profils apportent la rigueur nécessaire à la planification, à l’exécution et à l’évaluation des politiques publiques.
Il insiste également sur l’importance d’une gestion financière efficace pour accompagner les grandes réformes engagées par le gouvernement, notamment le Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T). À ses yeux, les compétences techniques sont essentielles pour renforcer la mobilisation des recettes internes, structurer les partenariats internationaux et sécuriser les investissements stratégiques.
Dans son analyse, Isidore Kwandja Ngembo estime par ailleurs que les technocrates constituent un facteur de stabilité dans un contexte politique marqué par des changements institutionnels réguliers. Ils assurent, selon lui, la continuité des réformes et préservent la mémoire administrative indispensable à la réalisation des projets de long terme.
L’analyste rappelle également que la réussite des engagements présidentiels dépend d’une répartition claire des responsabilités entre les décideurs politiques et les exécutants.
« La réussite du quinquennat repose entièrement sur la capacité de son gouvernement, de son cabinet, de ses conseillers et des administrations à transformer l’impulsion présidentielle en livrables concrets pour la population », affirme-t-il.
Pour l’expert en management public, la réussite du second mandat de Félix Tshisekedi passera par une alliance entre leadership politique et expertise technique. Il estime que la légitimité démocratique fournit la vision et l’orientation stratégique, tandis que la technocratie apporte les mécanismes d’exécution, d’efficacité et de pérennité.
En conclusion, Isidore Kwandja Ngembo appelle à une mobilisation des compétences nationales et de la diaspora afin de renforcer l’action publique et d’accélérer la transformation du pays.
« Pour honorer le contrat social qui le lie à la population, l’État congolais doit impérativement confier les rênes de l’exécution à ses meilleurs cerveaux, issus du territoire national comme de la diaspora. C’est à ce prix que la RDC transformera ses promesses en une prospérité partagée », conclut-il.
Tenplar Ngwadi
