La Coalition citoyenne pour la nation (CCN), conduite par l’archevêque Évariste Ejiba Yamapia, a organisé vendredi 5 juin 2026 un rassemblement à Kinshasa dans la capitale de la République démocratique du Congo, pour soutenir l’organisation d’un référendum sur une éventuelle réforme de la Constitution de la République démocratique du Congo.
Initialement annoncée sous forme de marche jusqu’au Palais du Peuple, l’activité s’est finalement tenue au terrain annexe du Stade des Martyrs, où plusieurs centaines de militants, responsables religieux, chefs coutumiers et acteurs de la société civile se sont réunis.
Prenant la parole devant les participants, l’archevêque Évariste Ejiba Yamapia, président de l’Église du Réveil du Congo (ERC), a appelé le président Félix Tshisekedi à consulter directement le peuple congolais sur la question constitutionnelle.
« Le temps est venu de sauver la République démocratique du Congo. Nous voulons un référendum, car il est nécessaire pour départager ceux qui sont pour et ceux qui sont contre le changement de la Constitution », a-t-il déclaré.
Le responsable religieux estime que le référendum constitue la voie la plus appropriée pour permettre aux Congolais de se prononcer sur l’avenir institutionnel du pays. Il a également invité les députés nationaux à accélérer l’examen de la proposition de loi sur le référendum déposée par le député Gaspard Ngondankoy.
Au cours de la manifestation, plusieurs intervenants ont soutenu la nécessité d’une réforme constitutionnelle. Parmi eux, Ngunza Nzita, représentant de l’Église autochtone traditionnelle Ba Ngunza ya Mpeve ya Longo, a affirmé que la Constitution actuelle ne répondrait plus pleinement aux aspirations nationales.
Cette mobilisation intervient dans un contexte politique marqué par un débat de plus en plus vif autour de l’avenir de la Constitution du 18 février 2006. Depuis plusieurs mois, les partisans d’une réforme plaident pour l’adoption d’un nouveau texte qu’ils jugent mieux adapté aux réalités actuelles du pays.
À l’inverse, plusieurs formations politiques d’opposition, organisations citoyennes et confessions religieuses, notamment la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), s’opposent à toute modification de la Loi fondamentale. Elles invoquent notamment les dispositions constitutionnelles protégeant certains principes jugés intangibles, ainsi que le contexte sécuritaire dans l’est du pays.
Deux jours auparavant, la coalition de l’opposition Article 64 (C64) avait organisé une journée dite « ville morte » dans plusieurs localités afin de dénoncer ce qu’elle considère comme une tentative de remise en cause de l’ordre constitutionnel établi.
Le débat reste donc profondément clivé entre les défenseurs d’un changement de Constitution soumis à référendum et les partisans du maintien du texte actuel. Dans ce contexte, toute initiative institutionnelle liée à une réforme constitutionnelle devrait continuer à alimenter les discussions politiques dans les semaines à venir.
Selon plusieurs juristes, la question centrale demeure celle de l’interprétation des articles 219 et 220 de la Constitution, qui encadrent strictement les procédures de révision et protègent certaines dispositions contre toute modification. Les partisans de la réforme soutiennent toutefois que le peuple souverain conserve le droit de se doter d’une nouvelle Constitution par voie référendaire, tandis que leurs opposants considèrent qu’une telle démarche constituerait un contournement de l’esprit de la Constitution actuelle.
Magloire Mutulwa
