L’adoption de la proposition de loi portant organisation du référendum continue de susciter de vives réactions en République démocratique du Congo. Parmi les voix les plus critiques figure celle de Jean-Claude Katende, qui a dénoncé un texte qu’il juge contraire à la Constitution. Réagissant au vote intervenu le 9 juin 2026 à l’Assemblée nationale, l’avocat et défenseur des droits humains a estimé que cette proposition de loi constitue une menace pour l’ordre constitutionnel du pays.
« La proposition de loi référendaire adoptée ce jour par les députés nationaux est anti-constitutionnelle. Les députés nationaux qui l’ont adoptée auront une conscience chargée toute leur vie pour avoir sacrifié l’intérêt du pays au profit de l’intérêt des individus », a déclaré Jean-Claude Katende.
Cette prise de position intervient au lendemain de l’adoption du texte par une large majorité des députés nationaux. Pour plusieurs acteurs de la société civile et de l’opposition, cette initiative pourrait ouvrir la voie à une révision de certaines dispositions constitutionnelles considérées comme intangibles, notamment celles relatives à la limitation des mandats présidentiels.
Jean-Claude Katende affirme que la loi référendaire comporte plusieurs dispositions qu’il considère comme des « fraudes à la Constitution ». Selon lui, le texte élargit excessivement les matières pouvant être soumises à référendum et risque de fragiliser les garanties constitutionnelles actuelles.
De son côté, la majorité parlementaire défend la proposition de loi en soutenant qu’elle vise à moderniser le cadre juridique des consultations populaires et à permettre au peuple congolais de se prononcer directement sur les grandes questions nationales.
Alors que le texte est désormais attendu au Sénat pour une seconde lecture, le débat autour du référendum continue d’alimenter les tensions politiques entre le pouvoir, l’opposition et plusieurs organisations de la société civile.
Magloire Mutulwa
