La Commission permanente des droits de l’homme de l’Assemblée nationale a auditionné, mardi 19 mai 2026, le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, sur la situation des droits humains en République démocratique du Congo.
Les travaux étaient dirigés par le président de cette commission, le député national Boris Mbuku, dans le cadre de la mission de contrôle parlementaire exercée par la Chambre basse du Parlement.
Face aux élus nationaux, le ministre des Droits humains a présenté un état des lieux détaillé des défis liés à la protection et à la promotion des droits humains sur l’ensemble du territoire national.

Dans son exposé, Samuel Mbemba a structuré son intervention autour de trois principaux axes.
Le premier a porté sur le cadre légal et normatif régissant les droits humains en RDC. Le ministre a rappelé que ce dispositif repose notamment sur la Constitution, les instruments juridiques internationaux ratifiés par la République démocratique du Congo ainsi que plusieurs lois spécifiques relatives à la protection des droits fondamentaux.
Selon lui, la question des droits humains demeure transversale et concerne pratiquement l’ensemble des textes légaux en vigueur dans le pays.

Le deuxième axe de son intervention a été consacré à la situation des droits humains proprement dite. Samuel Mbemba a particulièrement insisté sur la dégradation de la situation sécuritaire dans l’Est du pays, qu’il a liée à l’agression rwandaise et aux violences attribuées aux rebelles de l’AFC/M23.
Le ministre a affirmé que les populations civiles continuent d’être victimes de violations « massives, systématiques et répétées » des droits humains.
Il a notamment évoqué des massacres, des déplacements forcés ainsi que d’autres actes qualifiés de crimes de guerre, crimes contre l’humanité, génocide et crimes d’agression.
Abordant la situation dans les provinces de l’Ouest et du Centre du pays, le ministre des Droits humains a reconnu l’existence de certains cas de violations des droits humains, tout en précisant qu’aucun État au monde n’est totalement exempt de tels abus.

Il a néanmoins insisté sur la nécessité pour les autorités publiques d’apporter des réponses appropriées aux violations dénoncées afin de garantir le respect de l’État de droit.
Dans le troisième volet de son intervention, Samuel Mbemba a présenté plusieurs initiatives engagées par le gouvernement pour renforcer la promotion et la protection des droits humains en RDC.
Le ministre a notamment cité la redynamisation des divisions provinciales de son ministère à travers la construction ou la rénovation des bâtiments administratifs, l’organisation de séminaires de renforcement des capacités des agents ainsi que la revisitation du cadre organique provincial.
Selon lui, plusieurs provinces bénéficient déjà de ces réformes, notamment le Kasaï Oriental, le Kasaï Central, le Kongo Central, l’Ituri et le Kwango, où certaines infrastructures sont déjà opérationnelles ou en cours d’équipement.
Les échanges entre les députés nationaux et le ministre ont également porté sur la problématique des détenus préventifs, les conditions carcérales ainsi que plusieurs autres préoccupations relatives à la protection des droits humains dans le pays.
Le rapporteur de l’Assemblée nationale, le professeur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, a également pris part à cette audition consacrée à l’évaluation de la situation des droits humains en République démocratique du Congo.
Tenplar Ngwadi
