Des centaines de familles déplacées installées dans plusieurs villages du territoire de Nyiragongo sollicitent un appui en intrants agricoles et en élevage de base avant la prochaine saison culturale. L’appel est de Jirani Msaada Asbl, une organisation œuvrant dans l’humanitaire, dans une déclaration faite à votre à la Gazette du Continent ce lundi 13 juillet 2026.
Selon cette organisation, qui a recueilli leurs témoignages lors de missions d’itinérance humanitaire, ces familles souhaitent retrouver leur autonomie alimentaire plutôt que de dépendre durablement de l’aide humanitaire. Installées sur des parcelles mises à leur disposition par des familles d’accueil, ces personnes déplacées affirment disposer encore des connaissances nécessaires pour cultiver la terre. Elles expliquent toutefois être confrontées à un manque de semences, d’outils aratoires, de petits animaux d’élevage et d’autres intrants indispensables à la relance de leurs activités.
Selon les témoignages recueillis par les équipes de Jirani Msaada ASBL lors de leurs missions d’itinérance humanitaire, ces familles souhaitent avant tout produire leur propre nourriture plutôt que de dépendre durablement de l’assistance humanitaire.
Les ménages concernés sont principalement installés dans les villages de Byungo, Ngangi I, Turunga, Bushagara ainsi que dans d’autres localités du territoire de Nyiragongo. La plupart ont fui les zones situées aux abords du Parc national des Virunga, où l’insécurité les a contraints à abandonner leurs terres, leurs récoltes et leur cheptel.
Face à cette situation, les déplacés sollicitent l’appui des autorités, des organisations humanitaires, des partenaires techniques et financiers ainsi que des personnes de bonne volonté. Ils demandent un accompagnement en semences améliorées, outils agricoles, petits animaux d’élevage et autres intrants de base afin de relancer leurs moyens d’existence.
Les bénéficiaires estiment qu’un tel soutien leur permettrait de renforcer leur résilience, d’améliorer leur sécurité alimentaire et de reconstruire progressivement leurs conditions de vie après plusieurs mois de déplacement.
De son côté, Jirani Msaada ASBL souligne que le renforcement des moyens de subsistance constitue une réponse durable aux besoins des populations déplacées, en complément de l’assistance humanitaire d’urgence.
L’organisation considère que la relance des activités agricoles et de l’élevage pourrait contribuer à réduire la dépendance des ménages à l’aide extérieure tout en favorisant leur autonomie économique.
Cet appel intervient à l’approche de la prochaine saison culturale, une période jugée déterminante par les familles déplacées pour espérer renouer avec leurs activités agricoles et améliorer durablement leurs conditions de vie. Selon la Cellule d’Analyse des Indicateurs de Développement au Nord-kivu, à Goma et dans sa région environnante (comme le territoire de Nyiragongo), l’agriculture est régie par un régime climatique bimodal qui divise l’année en deux saisons culturales distinctes. La Saison Culturale A commence à la mi-septembre, tandis que la Saison Culturale B débute à la mi-février.
Magloire Mutulwa
