L’Action des Jeunes pour le Bien-être Social (AJBS) a exprimé sa profonde indignation après le décès de Franck Nkoy Efefe, survenu le 4 juin 2026 à la prison territoriale de Bumba, dans la province de la Mongala.
Selon les informations recueillies par cette organisation de défense des droits humains, le détenu, incarcéré depuis le 18 avril 2026 dans le cadre d’une affaire de viol sur mineure, souffrait depuis plusieurs jours d’une maladie dont l’état s’était progressivement aggravé.
Face à la détérioration de son état de santé, l’infirmière affectée à l’établissement pénitentiaire avait recommandé son transfert vers l’Hôpital général de référence de Bumba pour une prise en charge appropriée.
L’absence de moyens financiers pointée du doigt
D’après l’AJBS, la prison ne disposait ni des médicaments nécessaires ni des moyens suffisants pour assurer les soins du détenu. Une aide financière aurait alors été sollicitée auprès de sa famille afin de permettre son évacuation vers une structure sanitaire adaptée.
Cette assistance n’ayant pas été obtenue, Franck Nkoy Efefe serait resté sans soins adéquats jusqu’à son décès. Pour l’organisation, ce drame illustre les difficultés auxquelles sont confrontés les détenus dans les établissements pénitentiaires de la province.
Des prisons confrontées à une crise chronique
L’AJBS affirme que depuis plus de huit ans, les prisons de la Mongala ne bénéficient plus des ressources nécessaires de la part de l’État pour garantir des conditions de détention conformes aux normes et assurer une prise en charge sanitaire adéquate des personnes privées de liberté.
Selon l’organisation, cette situation a entraîné une dégradation continue des conditions de vie dans les établissements pénitentiaires et expose les détenus à des risques importants pour leur santé et leur intégrité physique.
« Même lorsqu’une personne est détenue, l’État demeure responsable de sa protection ainsi que de la garantie de ses droits fondamentaux, notamment le droit à la vie, à la santé, à la dignité humaine et à l’intégrité physique et morale », rappelle l’AJBS.
L’AJBS exige des mesures urgentes
À la suite de ce décès, l’organisation dénonce les conditions de détention et l’insuffisance de la prise en charge sanitaire à la prison territoriale de Bumba ainsi que dans l’ensemble des établissements pénitentiaires de la Mongala.
Elle accuse les autorités compétentes de négligence dans la gestion des prisons et appelle le gouvernement congolais à renforcer les services de santé en milieu carcéral afin de garantir un accès effectif aux soins pour tous les détenus.
L’AJBS demande également une dotation urgente des prisons de la province en ressources humaines, matérielles, médicales et financières pour assurer le respect des droits fondamentaux des personnes privées de liberté.
Appel à une enquête et à des réformes
L’organisation invite enfin les autorités judiciaires et administratives à prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter que de tels drames ne se reproduisent dans les établissements pénitentiaires du pays.
Dans sa correspondance adressée notamment au Procureur général près la Cour d’appel de la Mongala, aux autorités provinciales et aux institutions nationales de défense des droits humains, l’AJBS appelle à une prise de conscience urgente sur la situation des prisons congolaises et sur la responsabilité de l’État dans la protection des détenus.
La Gazette du Continent
