Une importante conférence consacrée au partenariat stratégique entre la République démocratique du Congo et les États-Unis d’Amérique s’est tenue, mardi 19 mai 2026, dans la Grande Salle des Promotions de l’ISTA-Kinshasa, sous le leadership du Directeur général de l’Institut Supérieur de Techniques Appliquées, le Professeur Docteur Ingénieur Élisée Ilunga Mbuyamba.
Invitée principale de cette rencontre, Tina Salama, porte-parole du Chef de l’État, est venue échanger avec les étudiants, les enseignants ainsi que plusieurs invités sur les enjeux de souveraineté, de développement et d’avenir de la jeunesse congolaise liés à ce partenariat stratégique.

Face à un public majoritairement estudiantin, l’oratrice a défendu la vision du président Félix Tshisekedi, qu’elle présente comme une volonté de repositionner la RDC au centre des agendas internationaux.
« Pour le Chef de l’État, il faut placer la RDC au cœur des agendas internationaux », a-t-elle déclaré, expliquant que le partenariat avec Washington repose sur une coopération directe entre États, sans passer par des « forces intermédiaires ».

Selon Tina Salama, ce partenariat marque une rupture historique dans la gestion des richesses du pays. « Depuis la Conférence de Berlin, c’est une première que nous décidions, au grand jour, du sort de nos richesses pour l’intérêt du Congo », a-t-elle affirmé devant les étudiants.
La porte-parole du Président de la République a insisté sur le caractère « gagnant-gagnant » de cet accord, qui couvre plusieurs secteurs stratégiques, notamment les mines, l’énergie, les infrastructures, la sécurité, le commerce ou encore la recherche. Elle a toutefois rappelé que la paix demeure la condition essentielle à la concrétisation de ces ambitions, évoquant l’Accord de Washington comme préalable aux investissements attendus.
Dans son intervention, Tina Salama a détaillé les objectifs du partenariat stratégique RDC-USA, articulés autour de deux axes majeurs : la consolidation de la paix et de la stabilité dans la région des Grands Lacs, ainsi que le renforcement de la coopération économique entre Kinshasa et Washington.

Elle a notamment souligné que cet accord vise à renforcer les capacités de coopération en matière de sécurité et de défense afin de protéger l’intégrité territoriale de la RDC et ses réserves minérales stratégiques. Sur le plan économique, elle a évoqué l’accroissement des investissements américains pour diversifier le secteur minier congolais, renforcer la transparence et promouvoir des flux de minerais critiques « sûrs, fiables et mutuellement avantageux ».
Revenant sur les critiques visant ce partenariat, notamment les accusations de « Bateki mboka », Tina Salama a rejeté toute idée d’abandon de souveraineté nationale.
« Notre souveraineté n’est pas réduite, mais plutôt renforcée par ce partenariat », a-t-elle soutenu, précisant que les États-Unis ne bénéficient d’aucun monopole ni exclusivité sur les marchés congolais. « Nous avons la liberté d’avoir d’autres partenaires en dehors des USA », a-t-elle ajouté.

La porte-parole du Chef de l’État a également dénoncé les campagnes de diabolisation autour de cet accord, qu’elle attribue aux « ennemis du Congo » et aux bénéficiaires des systèmes de prédation économique.
« Si le Président de la République avait réellement vendu le pays, on allait le constater dans le chef du président rwandais qui, naturellement, en serait le principal bénéficiaire. Pourtant, c’est la colère et l’agitation à Kigali », a-t-elle lancé.
S’adressant directement à la jeunesse congolaise, Tina Salama a insisté sur les opportunités que pourrait offrir ce partenariat stratégique en matière d’emploi, de formation et de transfert de compétences.

Elle a expliqué que la transformation locale des minerais nécessitera une main-d’œuvre qualifiée, justifiant ainsi la politique de construction et de rénovation des universités engagée par le Chef de l’État.
« Le Chef de l’État prévoit un seuil de 20 universités d’ici deux ans. Ces universités sont construites principalement pour la jeunesse », a-t-elle déclaré, avant d’appeler les étudiants à se préparer à accompagner la transformation économique du pays.
Dans une conclusion aux accents patriotiques, Tina Salama a exhorté les jeunes à s’engager activement pour l’avenir du Congo.
« Soyez engagés, formés et disciplinés car, le Congo va connaître un boom économique », a-t-elle affirmé, évoquant également les figures historiques de Kimpa Vita, Simon Kimbangu et Patrice-Emery Lumumba.

Pour le Directeur général de l’ISTA-Kinshasa, le Professeur Docteur Ingénieur Élisée Ilunga Mbuyamba, cette conférence s’inscrit dans la vocation de l’établissement à former une main-d’œuvre qualifiée capable de répondre aux défis technologiques et industriels du pays.

« Les étudiants sont des jeunes, ce sont eux les responsables de demain qui doivent être impliqués et pour cette implication, ça nécessite une formation aujourd’hui d’abord pour réellement devenir cette main d’œuvre qualifiée », a-t-il déclaré devant la presse à l’issue de l’activité.

À travers cette initiative, l’ISTA-Kinshasa entend renforcer les passerelles entre le monde académique et les institutions publiques, tout en contribuant à l’éveil intellectuel et patriotique de la jeunesse estudiantine congolaise.
Tenplar Ngwadi
