Quelques mois après les opérations de déguerpissement menées par le gouvernement provincial de Kinshasa pour assainir le site de Pakadjuma, le célèbre bidonville reprend progressivement vie.
Des familles reviennent s’y installer et reconstruisent des habitations de fortune sur cet espace pourtant déclaré interdit, sous le regard impuissant des autorités urbaines.
Le constat a été fait le mercredi 10 juin par un reporter de MediaCongo Press (MCP) lors d’une descente sur le terrain.
Le long de l’avenue Poids-Lourds, à proximité immédiate de Pakadjuma, des maisonnettes de fortune faites de bâches et de tôles ont réinvesti les trottoirs destinés aux piétons. L’insalubrité qui règne dans cette zone est particulièrement préoccupante. Les odeurs nauséabondes qui s’en dégagent inquiètent les passants, soucieux tant de leur propre santé que de celle des habitants contraints de vivre dans un environnement fortement dégradé.
À l’intérieur du bidonville, la situation apparaît tout aussi alarmante. Des habitations ont été érigées à quelques mètres seulement de la voie ferrée, le long de la clôture de Pakadjuma. Un marché pirate s’est également développé à proximité immédiate des rails, exposant quotidiennement vendeurs et clients à de graves risques d’accidents.
Chaque jour, matin et soir, des trains empruntent pourtant cette voie, alimentant les inquiétudes de nombreux observateurs face à une cohabitation jugée particulièrement dangereuse.
L’insalubrité persistante demeure un autre sujet de préoccupation. Déchets ménagers, eaux stagnantes et absence d’infrastructures sanitaires favorisent la prolifération des maladies et aggravent les risques pour la santé publique. Plusieurs voix appellent ainsi le gouverneur de la ville de Kinshasa ainsi que les responsables de l’ONATRA à prendre des mesures urgentes afin d’assainir cette zone devenue un véritable foyer de risques sanitaires.
Par ailleurs, de nombreux Kinois dénoncent le manque de suivi dans l’application des décisions prises par les autorités urbaines. À leurs yeux, il est difficilement compréhensible que des mesures de déguerpissement officiellement exécutées puissent être remises en cause quelques mois plus tard sans réaction des pouvoirs publics.
Ils estiment que les autorités devraient renforcer les mécanismes de contrôle, assurer un suivi rigoureux des décisions administratives et sanctionner les contrevenants afin de préserver l’autorité de l’État et garantir le respect des mesures prises.
Tenplar Ngwadi
