L’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA) condamne avec fermeté les violences policières infligées à Placide Cilewu Mukonga, journaliste à la Radio Télévision de l’Église Évangélique des Témoins du Christ (RTEETC), une station confessionnelle émettant à Mbuji-Mayi, dans la province du Kasaï-Oriental.
Dans une lettre de protestation adressée au Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur, avec ampliation à la Première ministre, l’organisation de défense de la liberté de la presse exige l’ouverture d’une enquête afin d’identifier et sanctionner les auteurs de ces actes. Selon OLPA, le journaliste a été agressé le 15 mai 2026 alors qu’il réalisait un reportage sur une manifestation organisée par des femmes balayeuses sur l’avenue Cathédrale à Mbuji-Mayi. Ces dernières réclamaient le respect de leurs droits par les autorités locales.
Battu, blessé et interpellé par la police
D’après la correspondance signée par le secrétaire exécutif de l’OLPA, Alain Kabongo Mbuyi, la police aurait soumis le journaliste à une violente bastonnade, lui causant des blessures à la jambe droite et à l’œil gauche. Son téléphone portable, utilisé comme outil de travail, a également été endommagé. Après cette agression, Placide Cilewu Mukonga aurait été embarqué de force dans un véhicule de police avant d’être conduit au district Est de la police, près du marché Bakwadianga.
Sur place, il a été entendu sur procès-verbal et accusé d’avoir effectué un reportage « sans autorisation préalable ». À l’issue de son audition, il a finalement été relâché puis conduit dans un centre de santé pour recevoir des soins.
OLPA rappelle les garanties légales de la liberté de la presse
Dans sa lettre, OLPA rappelle que l’exercice du métier de journaliste est protégé aussi bien par la législation congolaise que par les instruments juridiques internationaux ratifiés par la République Démocratique du Congo. L’organisation estime que les violences subies par le reporter constituent une grave atteinte à la liberté de la presse et au droit d’informer.
Une enquête réclamée aux autorités
Face à cette situation, OLPA demande au Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur d’instruire les autorités policières afin qu’une enquête sérieuse soit menée. L’organisation souhaite que les policiers impliqués soient clairement identifiés et que des poursuites disciplinaires ou pénales soient engagées contre eux.
La Gazette du Continent
