Lors d’une conférence de presse tenu le 4 juin 2026 à Kinshasa, l’opposant républicain et membre du bureau du Sénat, Jean-Claude Baende Etafe Eliko, a dressé un état des lieux de la situation politique, économique et sociale de la République Démocratique du Congo. S’il a salué les efforts diplomatiques et militaires déployés face à l’agression dans l’Est du pays, il a également rendu hommage aux FARDC, aux Wazalendo ainsi qu’aux victimes des conflits armés.
Jean-Claude Baende a reconnu au président Félix-Antoine Tshisekedi le mérite d’avoir désigné publiquement le Rwanda et son président Paul Kagame comme responsables du soutien aux groupes armés opérant en RDC. Baende a également mis en avant plusieurs acquis du gouvernement, notamment le Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T), la gratuité de l’enseignement primaire, la gratuité de la maternité ainsi que la résilience de l’économie congolaise malgré le contexte sécuritaire difficile.
Des préoccupations persistantes
Malgré ces avancées, le sénateur s’est dit préoccupé par la persistance de la pauvreté, la hausse du coût de la vie, le chômage des jeunes, la corruption, le banditisme urbain et les difficultés de mobilité dans les grandes villes du pays. Il a appelé les autorités à renforcer la lutte contre les détournements des deniers publics, à améliorer la sécurité publique et à accélérer la mise en œuvre des programmes de développement.
Une opposition « responsable » face aux défis nationaux
Jean-Claude Baende a insisté sur la nécessité d’une opposition qu’il qualifie de « républicaine », attachée à l’unité nationale et à la stabilité des institutions. Selon lui, le rôle de l’opposition n’est pas de s’opposer systématiquement au pouvoir, mais de formuler des propositions et d’alerter sur les insuffisances de la gouvernance. Il a également appelé la classe politique à éviter les discours de division dans un contexte marqué par les défis sécuritaires dans l’Est du pays.
L’ADH favorable à une révision de la Constitution
Abordant le débat sur la réforme constitutionnelle, le président de l’Alliance des Démocrates Humanistes (ADH) a estimé qu’aucune Constitution n’est immuable et a rappelé que celle de 2006 avait déjà été révisée en 2011. Pour lui, le débat doit être mené avec sérénité et patriotisme afin d’adapter les institutions aux réalités actuelles du pays.
Parmi les réformes proposées, l’ADH préconise la révision de l’article 10 afin d’ouvrir la voie à la double nationalité pour les Congolais de la diaspora, l’élection des gouverneurs et des sénateurs au suffrage universel direct ainsi que le changement de l’appellation du pays.
Retour à « Zaïre » : une proposition controversée
L’une des propositions les plus marquantes avancées par Jean-Claude Baende concerne le retour à l’appellation « Zaïre ». Selon lui, cette réforme permettrait de mettre fin à la confusion entre les deux États portant le nom Congo et de doter le pays d’une identité plus claire sur la scène internationale. Le sénateur considère que la réforme constitutionnelle constitue une opportunité de renforcer la démocratie, la bonne gouvernance, la paix et le développement, tout en appelant à un débat inclusif impliquant l’ensemble des forces politiques et sociales du pays.
La Gazette du Continent
