Une « très grande nouvelle » pour le pays avec la levée par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) de la Préoccupation significative de sûreté (SSC) qui frappait la République Démocratique du Congo et qui constitue une avancée majeure pour le secteur aérien national.
Le Président du conseil d’administration de la Régie des voies aériennes (RVA), Tryphon Kin-Kiey Mulumba, a qualifié cette décision de « très grande nouvelle » pour la RDC, la RVA, les passagers congolais ainsi que les compagnies aériennes internationales.
Selon le Président du conseil d’administration de la RVA, cette reconnaissance internationale marque l’aboutissement d’un vaste processus de modernisation engagé dans le secteur sous l’impulsion du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
De la liste noire à des performances supérieures à la moyenne africaine
Le PCA de la RVA rappelle que la RDC a longtemps figuré sur les listes de surveillance de l’OACI et de l’Union européenne en raison de faiblesses importantes en matière de sûreté et de sécurité aériennes.
« Le Congo était à 49 % alors que la moyenne africaine se situait à 62 % », a-t-il expliqué. Aujourd’hui, affirme-t-il, le pays affiche un taux de conformité de 69 %, dépassant ainsi la moyenne continentale. Une progression qu’il attribue aux investissements réalisés dans les infrastructures aéroportuaires, à l’amélioration de la gouvernance du secteur et à la mise en œuvre des normes internationales de sûreté.
Des réformes profondes dans les aéroports
Pour satisfaire aux exigences de l’OACI, la RVA et les services concernés ont renforcé les dispositifs de sécurité dans les principales plateformes aéroportuaires du pays. Parmi les mesures mises en œuvre figurent la sécurisation des emprises aéroportuaires, la réhabilitation des clôtures de protection, le contrôle strict des accès aux zones sensibles ainsi que le renforcement des procédures de surveillance.
Tryphon Kin-Kiey Mulumba souligne que les intrusions autrefois fréquentes sur les pistes et les tarmacs appartiennent désormais au passé dans les aéroports modernisés. « Aujourd’hui, à N’djili (Kinshasa) ou à Luano (Lubumbashi), il existe des conditions strictes de sécurité, y compris pour accéder à la tour de contrôle », a-t-il indiqué.
N’djili et Luano désormais certifiés
La RDC gère près d’une cinquantaine d’aéroports à travers le pays. Toutefois, seuls deux d’entre eux ont déjà obtenu leur certification : l’aéroport international de N’djili à Kinshasa et celui de Luano à Lubumbashi.
Pour le PCA de la RVA, cette double certification représente déjà une avancée significative pour l’image du pays à l’international, dans la mesure où elle concerne les deux principales portes d’entrée aériennes de la RDC.
Les prochains objectifs concernent notamment les aéroports de Kisangani et de Goma, même si ce dernier reste confronté aux contraintes sécuritaires liées à la situation dans l’Est du pays.
Une opportunité pour attirer davantage de compagnies aériennes
La levée de la SSC devrait également favoriser le retour ou l’arrivée de nouvelles compagnies aériennes internationales en RDC. D’après Tryphon Kin-Kiey Mulumba, les transporteurs disposent désormais de garanties suffisantes en matière de sûreté et de sécurité pour envisager l’exploitation de nouvelles liaisons vers les aéroports congolais.
Cette évolution pourrait contribuer à accroître le trafic aérien, stimuler les investissements dans le secteur et renforcer l’intégration de la RDC dans les réseaux internationaux de transport.
Vers une amélioration progressive de l’offre aérienne
Interrogé sur l’impact éventuel de la certification des aéroports sur le coût des billets entre la RDC et l’Europe, le PCA de la RVA estime que plusieurs facteurs entrent en ligne de compte. Si la certification constitue un élément favorable, la concurrence entre compagnies aériennes demeure également déterminante pour influencer les tarifs pratiqués sur les différentes destinations.
Selon lui, l’arrivée d’un plus grand nombre de transporteurs internationaux pourrait progressivement contribuer à améliorer l’offre et à favoriser une baisse des coûts pour les voyageurs.
Pour éviter toute nouvelle sanction ou préoccupation de sûreté de la part de l’OACI, la RVA entend poursuivre les efforts entrepris ces dernières années. Tryphon Kin-Kiey Mulumba affirme que la modernisation des infrastructures se poursuit dans plusieurs aéroports du pays et que les mécanismes de gouvernance mis en place permettent de consolider les acquis obtenus.
« Nous venons de très loin, mais nous sommes en train de monter en puissance », a-t-il conclu, réaffirmant la volonté de faire des aéroports congolais des infrastructures conformes aux standards internationaux.
La Gazette du Continent
