L’analyste des politiques publiques et expert en management public et en Gestion axée sur les résultats (GAR), Isidore Kwandja Ngembo, a réagi ce samedi 20 juin à la position récemment réaffirmée par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) concernant la révision de la Constitution.
Dans une publication diffusée sur son compte X (anciennement Twitter), il est revenu sur la déclaration de la CENCO selon laquelle elle ne voit « ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité de la révision constitutionnelle ».
Pour Isidore Kwandja, il convient avant tout de rappeler que la République démocratique du Congo est, conformément à sa Constitution, un État laïc. Il souligne que l’article 1er de la loi fondamentale définit le pays comme un « État de droit, indépendant, souverain, uni et indivisible, social, démocratique et laïc ».
Selon lui, ce principe de laïcité implique la neutralité de l’État vis-à-vis des confessions religieuses, tout comme l’absence d’ingérence des institutions religieuses dans le fonctionnement des institutions publiques.
L’expert rappelle également que la CENCO n’est pas une institution de l’État et qu’elle ne dispose d’aucune compétence législative, exécutive ou juridictionnelle lui permettant d’empêcher l’action publique ou un processus institutionnel.
Dans son argumentaire, Isidore Kwandja met en avant ce qu’il présente comme trois principes démocratiques fondamentaux. Il évoque d’abord la souveraineté populaire, estimant qu’aucune position politique ou religieuse ne peut se substituer à la volonté du peuple. Il souligne ensuite le droit à l’autodétermination, qu’il considère comme la faculté pour une nation d’adapter sa loi fondamentale à l’évolution de ses réalités et de ses défis. Enfin, il défend le recours au référendum comme un mécanisme permettant de trancher pacifiquement et légitimement les grands débats nationaux.
L’analyste s’appuie également sur l’article 5 de la Constitution, qui stipule que « tout pouvoir émane du peuple qui l’exerce directement par voie de référendum ou d’élections ». À ses yeux, cette disposition consacre le rôle central du peuple dans toute décision relative à l’évolution des institutions.
Tout en reconnaissant à l’Église catholique le droit d’exprimer sa position dans le débat public, Isidore Kwandja estime que la décision finale sur une éventuelle révision constitutionnelle relève exclusivement des institutions compétentes et, le cas échéant, du souverain primaire à travers les mécanismes prévus par la Constitution.
« L’Église catholique utilise simplement sa liberté d’expression et son influence sociale pour nourrir le débat. Mais dans un État laïc et souverain, il appartient exclusivement aux institutions de l’État et aux urnes de trancher de manière définitive », a-t-il déclaré.
Tenplar Ngwadi
