L’Ambassadrice d’Espagne en République Démocratique du Congo, Carmen Diez Orejas, et le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, ont lancé mercredi 6 mai 2026 à Kinshasa l’atelier intitulé « Journalisme et violence à l’égard des femmes ».
Organisée à la Maison d’Espagne sur deux journées, cette rencontre réunit journalistes, experts et acteurs engagés dans la promotion des droits des femmes afin de renforcer la contribution des médias dans la lutte contre les violences basées sur le genre.
Des médias appelés à transformer les mentalités
L’ambassadrice espagnole a salué la mobilisation des professionnels des médias autour de cette problématique qu’elle juge essentielle. « L’Espagne a fait de l’égalité de genre une priorité, aussi bien au niveau national que dans sa politique extérieure, que nous qualifions de féministe », a déclaré Carmen Diez Orejas. Évoquant les réalités sociales en RDC, la diplomate a insisté sur la nécessité de remettre en question certaines pratiques et normes qui entretiennent les violences faites aux femmes. « La violence à l’égard des femmes est la manifestation la plus cruelle d’une inégalité profonde, souvent déguisée en tradition », a-t-elle affirmé, exhortant les journalistes à jouer un rôle actif dans l’évolution des mentalités.
L’exemple espagnol mis en avant
Pour l’ambassadrice, les avancées enregistrées en Espagne démontrent que les réformes légales et la volonté politique ne suffisent pas sans l’implication des médias. Selon elle, c’est grâce à une nouvelle manière de raconter les réalités vécues par les femmes que la société espagnole a progressivement pris conscience de l’ampleur du phénomène. « Les médias ont le pouvoir de faire évoluer les perceptions et d’encourager l’engagement collectif », a soutenu la diplomate, invitant les journalistes congolais à s’approprier cet outil de transformation sociale.
Patrick Muyaya plaide pour des médias mieux outillés
Patrick Muyaya a rappelé que la promotion des femmes repose sur une volonté politique affirmée au sommet de l’État. « Les compétences n’ont ni sexe ni âge. Lorsque les femmes accèdent aux responsabilités, elles démontrent pleinement leur capacité à contribuer au développement de la société », a déclaré le porte-parole du gouvernement.
Le ministre a toutefois reconnu la persistance de nombreux défis liés notamment aux pesanteurs socioculturelles et à l’insécurité dans l’Est du pays. « Depuis des décennies, la guerre fait des femmes les principales victimes. Leur corps a été transformé en champ de bataille », a-t-il regretté.
Une formation pour promouvoir un journalisme plus inclusif
Au cours de ces travaux, les participants sont appelés à réfléchir sur les pratiques médiatiques liées aux violences basées sur le genre et à promouvoir une couverture plus responsable et inclusive. L’atelier entend notamment encourager les journalistes à intégrer davantage la perspective genre dans le traitement de l’information, à questionner certains récits médiatiques dominants et à valoriser la dignité ainsi que la voix des femmes dans l’espace public. À travers cette initiative, les organisateurs espèrent faire des médias de véritables acteurs du changement social en République démocratique du Congo.
La Gazette du Continent
