Le ministre britannique de la Santé, Wes Streeting, a annoncé sa démission ce jeudi 14 mai, accentuant la pression politique qui pèse sur le Premier ministre Keir Starmer et chef du Parti travailliste.
Dans une longue lettre publiée sur le réseau social X et adressée directement à Keir Starmer, Wes Streeting explique avoir perdu confiance dans le leadership du Premier ministre, estimant qu’il serait désormais « déshonorant » et « sans scrupules » de rester au gouvernement malgré « les bonnes raisons » de continuer.
Cette démission constitue la cinquième enregistrée au sein de l’exécutif travailliste en quelques jours, après le départ de quatre secrétaires d’État à la suite des élections locales du 7 mai, marquées par de mauvais résultats pour le Labour.
Figure influente du parti et considéré comme un potentiel rival de Keir Starmer pour la direction du Labour et le poste de Premier ministre, Wes Streeting estime que le chef du gouvernement ne sera pas en mesure de conduire le parti vers les prochaines élections législatives prévues en 2029.
« Là où nous avons besoin d’une vision, il y a un vide », écrit l’ancien ministre dans sa lettre, sans toutefois officialiser une candidature à la tête du parti.
La pression sur Keir Starmer s’est intensifiée ces derniers jours. Selon plusieurs médias britanniques, 86 députés travaillistes sur les 403 que compte le Labour au Parlement ont appelé à sa démission.
Dans ce contexte déjà tendu, le retour sur le devant de la scène d’Angela Rayner a ravivé les spéculations autour de la succession de Keir Starmer. Ancienne numéro deux du gouvernement et figure populaire de l’aile gauche du Labour, Angela Rayner a annoncé jeudi avoir été blanchie dans une affaire fiscale qui avait conduit à sa démission en septembre dernier.
Elle avait reconnu avoir sous-payé un impôt lors de l’achat de son logement et avait été reconnue coupable d’avoir enfreint le code ministériel. Mais l’administration fiscale britannique l’a finalement exonérée des accusations selon lesquelles elle aurait délibérément cherché à échapper à l’impôt.
Interrogée sur une éventuelle candidature à la tête du Labour, Angela Rayner a assuré ne pas vouloir défier directement Keir Starmer, tout en estimant que celui-ci devait « réfléchir » à un éventuel retrait.
Elle a néanmoins laissé entendre qu’elle pourrait jouer un rôle dans une future compétition interne si d’autres figures du parti se lançaient dans la course.
Au sein du Labour, plusieurs personnalités sont déjà citées comme successeurs potentiels. Si Wes Streeting bénéficie d’un soutien au sein de l’aile droite du parti, une partie des députés de gauche soutient plutôt Angela Rayner ou Andy Burnham.
Mais Andy Burnham, considéré comme l’une des personnalités les plus populaires du Labour, devra d’abord être élu député à Westminster lors d’une législative partielle avant de pouvoir participer à une élection interne pour la direction du parti.
Le nom d’Al Carns, ancien officier de marine et député de Birmingham âgé de 46 ans, circule également dans la presse britannique comme possible prétendant à la succession de Keir Starmer.
Tenplar Ngwadi
