Le président chinois Xi Jinping reçoit son homologue américain Donald Trump jeudi et vendredi à Pékin, dans un contexte marqué par de profondes divergences diplomatiques, stratégiques et commerciales entre les deux premières puissances économiques mondiales.
À l’issue d’un banquet organisé jeudi soir en son honneur, Donald Trump a qualifié ses échanges avec Xi Jinping « d’extrêmement positifs et productifs », saluant l’état des relations bilatérales et affirmant croire à « un avenir fabuleux » entre les deux pays.
Dans un compte rendu publié par la Maison Blanche, Washington affirme que les deux dirigeants ont convergé sur plusieurs dossiers sensibles, notamment la nécessité de maintenir ouvert le détroit d’Ormuz afin de garantir la libre circulation des produits énergétiques.
Selon l’administration américaine, Xi Jinping aurait également exprimé son intérêt pour accroître les importations de pétrole américain afin de réduire la dépendance chinoise aux approvisionnements transitant par le détroit d’Ormuz. Une affirmation qui n’a toutefois pas été reprise dans la communication officielle chinoise.
Les États-Unis ont aussi indiqué que les deux parties partageaient la même position sur l’Iran, estimant que Téhéran ne devait jamais accéder à l’arme nucléaire. Washington souhaite notamment que Pékin utilise son influence auprès de l’Iran, dont la Chine demeure le principal importateur de pétrole, pour favoriser une désescalade dans le Golfe.
Au cours de cette visite, Donald Trump a invité Xi Jinping à la Maison Blanche le 24 septembre prochain.
Mais derrière les déclarations conciliantes, plusieurs sujets de tension persistent, à commencer par la question de Taïwan. Jeudi, Xi Jinping a averti son homologue américain sur ce dossier qu’il considère comme central dans les relations sino-américaines.
« La question de Taïwan est la plus importante dans les relations sino-américaines. Si elle est bien traitée, les relations entre les deux pays pourront rester globalement stables. Si elle est mal traitée, les deux pays se heurteront, voire entreront en conflit », a déclaré le président chinois.
La Chine considère Taïwan comme une province qu’elle entend réunifier avec le continent, privilégiant officiellement une solution pacifique tout en se réservant la possibilité d’un recours à la force.
La politique américaine reste fondée sur un soutien militaire important à Taïwan, sans reconnaissance formelle de son indépendance. À l’issue de la rencontre, la porte-parole du gouvernement taïwanais, Michelle Lee, a rappelé que Washington avait réaffirmé « son soutien clair et ferme à Taïwan ».
Dans un communiqué, le ministère taïwanais des Affaires étrangères a accusé Pékin de représenter « le principal risque pour la paix et la stabilité régionales », dénonçant le « harcèlement militaire » chinois autour de l’île ainsi que ses manœuvres dites de « zone grise ».
Sur le plan économique, Xi Jinping a tenté de rassurer les entreprises américaines présentes à Pékin aux côtés de Donald Trump. Selon l’agence officielle Chine nouvelle, le président chinois a affirmé que la porte de la Chine « continuerait de s’ouvrir toujours plus grand » au reste du monde.
« Les entreprises américaines sont profondément impliquées dans la réforme et l’ouverture de la Chine, et les deux parties en tirent des bénéfices », a déclaré Xi Jinping devant plusieurs dirigeants économiques américains.
Malgré les différends persistants, le président chinois a insisté sur la nécessité pour Pékin et Washington d’être « des partenaires, pas des rivaux », estimant que la coopération restait bénéfique aux deux nations.
Cette visite, largement présentée comme un sommet de stabilisation diplomatique, intervient après des discussions commerciales sino-américaines organisées mercredi en Corée du Sud. L’avenir des échanges entre les deux puissances économiques mondiales figure parmi les principaux enjeux des discussions.
Donald Trump est accompagné de plusieurs figures du monde des affaires américain, dont le PDG de Boeing, Kelly Ortberg, ainsi que Elon Musk et des dirigeants de Apple et Nvidia.
Parmi les attentes américaines figurent notamment des accords agricoles et une possible commande importante d’avions Boeing par la Chine.
Tenplar Ngwadi
