La polémique autour du projet de révision ou de changement de la Constitution en République démocratique du Congo continue d’alimenter le débat politique et religieux. La coalition d’opposition Lamuka s’est vivement attaquée à Ejiba Yamapia, l’accusant de soutenir un éventuel troisième mandat du président Félix Tshisekedi.
Dans une déclaration rendue publique le 13 mai 2026 à Kinshasa, le porte-parole de Lamuka, Prince Epenge, a dénoncé la prise de position du responsable religieux en faveur d’une réforme constitutionnelle. Selon lui, l’Église ne devrait pas « devenir le soldat du troisième mandat » on repris plusieurs médias congolais.
Prince Epenge accuse l’archevêque Ejiba Yamapia de s’éloigner de sa mission spirituelle pour défendre un agenda politique lié au maintien au pouvoir du chef de l’État. Dans sa réaction, le porte-parole de Lamuka estime que le débat sur la Constitution cache une volonté de modifier les dispositions verrouillées de la loi fondamentale, notamment celles relatives à la limitation des mandats présidentiels.
Cette sortie intervient après une conférence de presse organisée le même jour par l’archevêque Ejiba Yamapia à Kinshasa. Le président de l’Église de réveil du Congo y a plaidé pour une « refonte profonde » de la Constitution de 2006, qu’il juge dépassée face aux défis sécuritaires et institutionnels actuels du pays.
À cette occasion, il a annoncé le lancement de la Coalition citoyenne pour la nation et soutenu que plusieurs Congolais seraient favorables à une réforme constitutionnelle. Parmi les changements proposés figurent le renforcement des pouvoirs du chef de l’État en période de crise sécuritaire, la révision des règles liées à la nationalité ainsi que le verrouillage de certaines fonctions régaliennes aux Congolais nés de père et de mère congolais.
Du côté de Lamuka, ces propositions sont perçues comme une tentative de préparer un troisième mandat présidentiel à l’horizon 2028. L’opposition rejette toute modification de l’article 220 de la Constitution, considéré comme une clause intangible protégeant notamment la limitation des mandats.
La coalition dirigée notamment par Martin Fayulu multiplie depuis plusieurs mois les appels à la mobilisation populaire contre toute réforme constitutionnelle. Sous le slogan « changer Tshisekedi et non la Constitution », Lamuka annonce poursuivre ses campagnes de sensibilisation à Kinshasa et dans plusieurs provinces.
Ce débat continue de diviser la classe politique, la société civile et certaines confessions religieuses, dans un contexte marqué par des tensions sécuritaires persistantes dans l’Est du pays et des interrogations croissantes sur l’avenir institutionnel de la RDC.
Magloire Mutulwa
