Les déclarations de l’artiste musicienne Gloria Bash au sujet de la révision de la Constitution continuent de susciter des réactions sur les réseaux sociaux et dans les milieux culturels en République démocratique du Congo.
Dans une interview accordée récemment à Africanews, la chanteuse originaire de Goma avait estimé que le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle ne constituait pas, selon elle, la priorité du moment pour le pays. L’artiste avait notamment insisté sur l’urgence de restaurer la paix et la sécurité, particulièrement dans l’Est de la RDC confronté à l’insécurité persistante.
« Avant de parler de révision de la Constitution, il faut parler d’urgence (…) Je pense qu’il y a des sujets bien plus importants, notamment la paix », avait-elle déclaré.
Ces propos ont rapidement alimenté de nombreux commentaires en ligne, dans un contexte où le débat autour d’une possible réforme constitutionnelle continue de diviser la classe politique, la société civile et une partie de l’opinion publique.
Réagissant à cette controverse, l’artiste gomatracien Mack El Sambo a défendu le droit des artistes à s’exprimer librement sur les questions liées à la vie nationale. Contacté par notre rédaction, il estime que chaque citoyen congolais, y compris les artistes, doit pouvoir donner son point de vue dans le respect des valeurs républicaines.
Selon lui, la République démocratique du Congo appartient à tous les Congolais et aucune opinion ne devrait être interdite tant qu’elle ne porte pas atteinte à la liberté d’expression ni aux principes de la République.
Cette prise de position intervient alors que le débat sur la Constitution s’intensifie depuis plusieurs mois en RDC. Le président Félix Tshisekedi a récemment réaffirmé sa volonté d’engager des réformes constitutionnelles, estimant que certaines dispositions de la loi fondamentale actuelle présentent des limites institutionnelles et ne répondent plus totalement aux réalités du pays.
De son côté, une partie de l’opposition et plusieurs acteurs de la société civile craignent qu’une telle réforme puisse ouvrir la voie à une modification des dispositions liées à la limitation des mandats présidentiels, ce que le pouvoir rejette.
Dans ce climat politique sensible, les interventions d’artistes et de personnalités publiques sur les questions nationales continuent d’alimenter le débat public, notamment sur les réseaux sociaux où les réactions restent fortement partagées.
Magloire Mutulwa
