En République démocratique du Congo, la voix de l’Église catholique continue de résonner au cœur de l’arène publique. À l’issue d’une session extraordinaire de leur Assemblée plénière tenue à Kinshasa, les évêques membres de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) ont publié, le 25 mars 2026, une déclaration réaffirmant la légitimité de leur engagement dans le débat national.
Face aux interrogations sur le rôle du clergé, les prélats ont opposé un socle doctrinal solide. S’appuyant notamment sur la constitution pastorale Gaudium et Spes (n° 76), la CENCO rappelle que l’Église dispose du droit de porter un « jugement moral » sur les affaires relevant de l’ordre politique. Pour les évêques, cette immixtion n’est pas une option, mais une nécessité dès lors que les droits fondamentaux de la personne humaine et le salut des âmes l’exigent.
Tout en réaffirmant le principe d’indépendance mutuelle entre la communauté politique et l’institution ecclésiale, les chefs de l’Église soulignent leur vocation commune : le service de l’homme. C’est cette finalité partagée qui, selon eux, justifie et rend indispensable une collaboration entre les deux sphères.
Ce rappel théologique n’est pas une simple leçon de doctrine ; il constitue le fondement de la parole publique de la CENCO face à l’actualité brûlante du pays. C’est sur ce socle que les évêques justifient leurs prises de position critiques face à la situation sécuritaire et humanitaire qu’ils qualifient aujourd’hui de « dégradante » en RDC.
Pour les prélats, la détresse des populations et les menaces sur les droits humains imposent à l’Église de sortir de sa seule réserve spirituelle pour s’inviter dans le débat public. Une manière de signifier que, tant que l’homme souffrira, l’Église ne saurait rester muette sur la gestion de la cité.
Tenplar Ngwadi
