Le président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a adressé, vendredi 10 juillet 2026, un message officiel à son homologue angolais, João Manuel Gonçalves Lourenço, dans un contexte marqué par une intense activité diplomatique autour de la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC et des consultations régionales en faveur de la paix.
Selon le ministère angolais des Relations extérieures, qui a annoncé l’information sur son compte X, la correspondance du chef de l’État congolais a été transmise par son ambassadeur itinérant, Antoine Ghonda Mangalibi, avant d’être remise à Tete António, ministre angolais des Relations extérieures.
« Un message de Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République démocratique du Congo, à son homologue angolais, Son Excellence João Manuel Gonçalves Lourenço, Président de la République d’Angola, a été remis ce vendredi après-midi à Luanda à Son Excellence Tete António, ministre angolais des Relations extérieures », a indiqué le ministère angolais chargé de la diplomatie.
Le contenu de cette correspondance n’a pas été rendu public. Cette démarche intervient toutefois alors que la République démocratique du Congo reste confrontée à la guerre dans l’Est du pays, où la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, contrôle toujours de vastes portions des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Parallèlement, les initiatives diplomatiques engagées à Washington et à Doha peinent encore à déboucher sur un règlement durable du conflit.
Cette séquence intervient également dans un contexte politique national marqué par les débats autour d’un éventuel projet de révision ou de changement de la Constitution, à deux ans de la fin du mandat du président Félix Tshisekedi.
La remise de ce message s’inscrit dans une période de concertation diplomatique soutenue entre Kinshasa et Luanda. Les deux capitales poursuivent des échanges réguliers sur les questions bilatérales ainsi que sur les enjeux liés à la paix et à la sécurité dans la région des Grands Lacs.
Elle intervient également après les consultations menées par le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, avec les principales confessions religieuses de la République démocratique du Congo ainsi qu’avec un groupe de leaders de l’opposition politique congolaise.
Cette dynamique diplomatique fait suite au récent déplacement de Félix Tshisekedi à Brazzaville, où il s’était entretenu avec son homologue congolais, Denis Sassou Nguesso. Cette visite était intervenue après la visite d’État d’Évariste Ndayishimiye à Kinshasa. Quelques jours plus tard, Denis Sassou Nguesso avait poursuivi ses consultations en recevant notamment le cardinal Fridolin Ambongo afin d’échanger sur la situation politique et institutionnelle en République démocratique du Congo.
En février dernier, à l’issue d’une réunion de haut niveau organisée à Luanda, les dirigeants impliqués dans le processus de paix en République démocratique du Congo avaient confié à l’Angola la mission d’engager des consultations avec les différentes parties congolaises en vue de préparer un dialogue intercongolais. Cette décision avait été annoncée dans un communiqué de la présidence angolaise à l’issue d’une rencontre réunissant João Lourenço, alors président en exercice de l’Union africaine, Félix Tshisekedi, Faure Gnassingbé, désigné médiateur de l’Union africaine, ainsi qu’Olusegun Obasanjo, représentant le panel des cinq anciens chefs d’État africains facilitateurs du processus de paix en RDC.
Depuis cette désignation, plusieurs échanges d’émissaires entre les présidents Félix Tshisekedi et João Lourenço ont entretenu les contacts diplomatiques entre Kinshasa et Luanda. Toutefois, cette initiative ne semble pas avoir produit les résultats escomptés. Selon les informations de Jeune Afrique, le projet de dialogue intercongolais demeure à l’arrêt en raison de divergences portant notamment sur son format et sur l’identité des parties appelées à y participer.
Tenplar Ngwadi
