C’est une infrastructure stratégique et importante qui a été emportée par les intempéries. Le pont Ngwenda, situé dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, s’est effondré dans la nuit du samedi 4 à dimanche 5 avril 2026, à la suite de fortes pluies qui s’abattent ces derniers jours dans la région. Cet ouvrage constituait un axe essentiel reliant plusieurs localités, notamment Binza à Rutshuru-centre, ainsi qu’une voie de transit vers la frontière ougandaise.
Selon des sources locales, la montée des eaux et la pression exercée sur les fondations du pont auraient provoqué sa rupture brutale, interrompant immédiatement la circulation.
La destruction de ce pont entraîne des conséquences directes sur la mobilité des populations. La circulation des personnes et des biens est désormais coupée, compliquant l’accès aux marchés, aux structures sanitaires et aux services de base. Cet axe routier jouait également un rôle clé dans les échanges commerciaux transfrontaliers avec l’Ouganda, ce qui laisse présager d’importantes pertes économiques pour les habitants et les opérateurs locaux.

L’effondrement du pont Ngwenda intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement fragile. Le territoire de Rutshuru est en grande partie sous le contrôle du mouvement rebelle M23, soutenu, selon plusieurs sources, par le Rwanda. Cette situation complique davantage toute intervention rapide pour évaluer les dégâts et envisager des travaux de réhabilitation.
L’absence d’une autorité étatique pleinement opérationnelle dans la zone suscite des inquiétudes quant à la prise en charge de cette crise infrastructurelle.
Face à cette situation, des voix s’élèvent pour appeler à une intervention urgente afin de rétablir la circulation et venir en aide aux populations affectées. Aimé Mukanda Mbusa, notable de Rutshuru et défenseur des droits des communautés locales, a tiré la sonnette d’alarme sur les conséquences humanitaires et économiques de cet effondrement. Il plaide pour une mobilisation rapide des autorités compétentes et des partenaires humanitaires, malgré les contraintes sécuritaires, afin d’éviter une aggravation de la situation.
Une région vulnérable aux catastrophes naturelles
Cet incident met une nouvelle fois en lumière la vulnérabilité des infrastructures dans l’Est de la République Démocratique du Congo, où les aléas climatiques, combinés au manque d’entretien et à l’insécurité, fragilisent les ouvrages publics.
La réhabilitation ou la reconstruction du pont Ngwenda apparaît désormais comme une priorité pour désenclaver cette partie du territoire de Rutshuru.
La Gazette du Continent
