Un conflit oppose les autorités territoriales de Mweka dans la province du Kasaï à un député national autour du site « Canon », paralysant la mise en œuvre d’un projet d’accès à l’eau potable destiné à des milliers d’habitants. Le site « Canon », situé sur une rivière du même nom, est enregistré depuis 2013 au nom de la REGIDESO.
Selon l’administration du territoire de Mweka, Me François Mingambengele, le député national Constantin Mbengele Kwete Thamuk y aurait installé des équipements d’adduction d’eau depuis 2014. En 2022, ce dernier aurait obtenu un certificat d’enregistrement couvrant le même site, créant ainsi une superposition de titres et un contentieux juridique.
Un projet gouvernemental d’envergure à l’arrêt
Dans le cadre du Programme d’Accès aux Services d’Eau et d’Assainissement, la province du Kasaï a été sélectionnée pour bénéficier de travaux d’approvisionnement en eau potable, notamment à Mweka et dans le territoire voisin de Luebo. Dans une correspondance datée du 4 mars 2026, la coordination provinciale du projet a alerté sur l’urgence de sécuriser les sites retenus, en particulier celui de Canon, encore occupé. Le document insiste sur « l’imminence du démarrage des travaux » et la nécessité d’une appropriation apaisée des sites.
Une injonction des autorités provinciales ignorée
En réaction, le Vice-gouverneur du Kasaï, agissant au nom du Gouverneur, a, dans une lettre du 20 mars 2026, instruit l’Administrateur du territoire de Mweka, Me François Mingambengele, de faire libérer le site occupé illégalement. Malgré cette directive officielle et les démarches entreprises auprès de l’élu concerné, celui-ci refuserait toujours de retirer ses installations, bloquant ainsi le lancement des travaux.
Entre enjeux sanitaires et accusations politiques
Pour les autorités territoriales, cette situation constitue un frein majeur à un projet vital pour la population, qui continue de dépendre de sources d’eau non traitée, avec des risques sanitaires importants. Elles dénoncent également une instrumentalisation de la population par certains acteurs politiques locaux, accusés d’entretenir des tensions à des fins électoralistes.
En réaction, des groupes de femmes ont récemment manifesté pour contester la décision des autorités, affirmant que le site appartiendrait au député et accusant l’administration territoriale de partialité, voire de pratiques discriminatoires.
Un appel à privilégier l’intérêt général
Face à cette impasse, l’Administrateur du territoire de Mweka appelle au respect des décisions de l’État et à la responsabilité des acteurs impliqués, afin de permettre la réalisation de ce projet d’intérêt public. Le Programme d’Accès aux Services d’Eau et d’Assainissement, soutenu par le gouvernement congolais, vise à offrir un accès durable à l’eau potable à la population de Mweka. Mais tant que le site « Canon » reste occupé, ce projet structurant demeure suspendu, au détriment des habitants qui attendent une amélioration concrète de leurs conditions.
La Gazette du Continent
