Des centaines de personnes fuient l’insécurité à la frontière burkinabè. C’est ainsi que le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a exprimé sa vive préoccupation face à l’arrivée de nouveaux réfugiés burkinabè dans la ville de Koro, située dans la région de Bandiagara, au centre du Mali.
Selon l’agence onusienne, les arrivées ont débuté le 26 mai 2026. Les réfugiés proviennent de plusieurs villages de la commune de Toéni, dans la province du Sourou, au Burkina Faso, notamment Kwarémenguel, Sané, Sangha, Sia, Gana, Goulo et Sôrô.
Composés en majorité de femmes, d’enfants et de personnes âgées, ces déplacés ont parcouru de longues distances à pied ou à moto pour rejoindre le territoire malien. Beaucoup sont arrivés dans un état d’épuisement avancé après avoir abandonné leurs biens et leurs moyens de subsistance.
Une réponse humanitaire déjà en cours
Face à cette situation, le HCR a déployé des équipes sur le terrain en collaboration avec la Commission nationale chargée des réfugiés du Mali, les autorités locales et plusieurs partenaires humanitaires.
Les opérations en cours visent à identifier le nombre exact de nouveaux arrivants, évaluer leurs besoins prioritaires et repérer les personnes les plus vulnérables afin d’organiser une assistance adaptée.
Les premiers besoins concernent notamment l’hébergement d’urgence, l’accès à la nourriture, à l’eau potable, aux produits d’hygiène ainsi qu’à un accompagnement psychosocial.
Koro confrontée à une saturation de ses capacités d’accueil
Le HCR rappelle que Koro accueille déjà l’une des plus importantes concentrations de réfugiés du Mali. La ville héberge depuis plusieurs années des dizaines de milliers de personnes ayant fui les violences dans les zones frontalières entre le Mali et le Burkina Faso.
L’arrivée de nouveaux réfugiés intervient alors que les infrastructures locales sont fortement sollicitées et que les ressources humanitaires disponibles demeurent limitées.
Selon l’agence des Nations unies, la crise de financement qui touche actuellement le secteur humanitaire complique davantage la prise en charge des populations déplacées.
L’insécurité persistante dans la région du Liptako-Gourma
Depuis plusieurs années, la région frontalière entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, connue sous le nom de Liptako-Gourma, est confrontée à une dégradation continue de la situation sécuritaire. Les attaques de groupes armés et les violences communautaires ont provoqué d’importants déplacements de populations à l’intérieur des pays concernés ainsi qu’au-delà des frontières.
Le Mali accueille aujourd’hui plusieurs dizaines de milliers de réfugiés burkinabè, principalement dans les régions de Mopti, Bandiagara et Tombouctou. Les mouvements de populations se poursuivent au rythme de l’évolution de la situation sécuritaire dans les zones frontalières.
Face à ce nouvel afflux, le HCR lance un appel urgent aux bailleurs de fonds afin de mobiliser des ressources supplémentaires pour répondre aux besoins croissants des réfugiés et des communautés hôtes.
La Gazette du Continent
