La coalition « Le Congo n’est pas à vendre » (CNPAV) a organisé, ce mercredi 25 mars 2026, une conférence-débat sur la lutte contre la corruption à l’Université catholique du Congo (UCC/Campus) de Kinshasa. L’événement, qui s’inscrit dans le cadre de la remise du prix Kanyaka, visait à interpeller le milieu universitaire sur les risques de la « petite corruption » et à mobiliser les étudiants comme acteurs de changement.
« Aujourd’hui, nous étions devant les étudiants ici à l’Université catholique du Congo pour parler de la petite corruption qui est un grand naufrage pour le pays », a déclaré Jacques Isongo, membre de la CNPAV. Selon lui, la pratique dite de « corruption de survie », souvent banalisée, peut à terme ouvrir la voie à des détournements de grande ampleur qui privent l’État de ressources vitales pour la santé, l’éducation et le développement.
La conférence a permis d’expliquer aux étudiants que la lutte contre la corruption ne se limite pas aux grands scandales financiers. Il s’agit aussi de s’attaquer aux gestes quotidiens paiements informels, favoritisme, petits arrangements qui érodent la confiance publique et fragilisent les institutions. Les intervenants ont insisté sur la nécessité de dénoncer ces actes et d’adopter une posture éthique dès le début de la vie professionnelle.
La CNPAV a également présenté le prix Kanyaka, institution mis en place pour récompenser l’excellence dans la lutte contre la corruption. « Le prix Kanyaka prime les personnes qui excellent dans la lutte contre la corruption », a rappelé M. Isongo, qui a invité les étudiants à s’engager à résister à la tentation de corrompre ou d’être corrompus, et à utiliser les mécanismes de signalement mis à disposition par la coalition.
Parmi ces mécanismes figure la plateforme « Congo n’est pas à vendre », accompagnée d’un code QR partagé aux étudiants pour permettre des signalements anonymes et faciliter l’interaction avec la CNPAV en cas de manquements. « Ils peuvent eux-mêmes lutter contre la corruption en s’abstenant d’actes répréhensibles, mais aussi en dénonçant via le site », a expliqué M. Isongo.
La parole a été donnée aux étudiants. « Nous avons bien accueilli cette initiative, parce que c’est toujours nécessaire de parler d’un mot qui dérange la vie que nous vivons chaque jour », a affirmé une étudiante en Master 2 de droits économiques et sociaux. Elle a reconnu la difficulté d’aller « contre le courant » dans une société où la corruption est ancrée, mais a souligné l’importance de persévérer : « Parce que si on persévère, on réussit à obtenir ce que l’on cherche. Et ce qu’on cherche pour la République démocratique du Congo, c’est un développement. Pour obtenir ce développement, il faut d’abord réussir à relever les niveaux de la population. Et pour cela, il faut lutter contre les anti-valeurs, notamment la corruption. »
L’événement a réuni des étudiants, des membres du corps professoral et des représentants de la société civile. Il s’inscrit dans une série d’initiatives de la CNPAV visant à renforcer la vigilance citoyenne et à promouvoir des pratiques éthiques dans les espaces publics et privés.
La CNPAV a annoncé que le prix Kanyaka sera remis à des personnes ou organisations ayant démontré un engagement concret dans la lutte contre la corruption. Les modalités de candidature et de sélection seront communiquées prochainement sur la plateforme de la coalition.
La Gazette du Continent
