Invité du Space Live animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, Lambert Mende est revenu sur son parcours au sein d’un mouvement rebelle avant son intégration dans les institutions de la République démocratique du Congo. L’ancien ministre a livré un témoignage personnel, qu’il présente comme une invitation adressée aux Congolais engagés aujourd’hui dans les groupes armés à l’est du pays.
Interrogé sur le regard qu’il porte, avec le recul, sur son engagement de l’époque, Lambert Mende a d’abord tenu à préciser les circonstances de son adhésion. Selon lui, il n’avait pas pris les armes, mais avait rejoint un mouvement rebelle pour des raisons qui lui étaient propres.
« Pour moi, la fin d’une chose vaut mieux que son commencement », a-t-il déclaré, avant d’expliquer qu’il n’avait jamais combattu au front, tout en reconnaissant avoir intégré un groupe armé au début de son parcours.
L’ancien porte-parole du gouvernement situe son changement de perception à la suite d’une visite effectuée à Kisangani après la « guerre de six jours », qui avait opposé les armées rwandaise et ougandaise. Il affirme que cet épisode lui a fait prendre conscience, selon ses propres termes, que ceux qui étaient alors présentés comme des alliés du Congo poursuivaient avant tout des intérêts liés à l’exploitation des ressources du pays.
De retour à Goma, Lambert Mende explique avoir dénoncé publiquement cette situation lors d’une rencontre avec la presse, qualifiant ces acteurs de « pillards » agissant au détriment des intérêts nationaux. Cette prise de position lui aurait valu une arrestation de 49 jours.
Selon son témoignage, cette détention aurait conduit Laurent-Désiré Kabila à intervenir en sa faveur. Il affirme que l’ancien président avait pris contact avec sa famille afin de faciliter son évasion, ce qui lui aurait permis de rejoindre ensuite les rangs de ce dernier. Il rappelle toutefois que Laurent-Désiré Kabila a été assassiné quelques mois plus tard et qu’il lui a fallu près d’une année avant d’établir un contact avec son successeur, Joseph Kabila.
S’appuyant sur cette expérience personnelle, Lambert Mende a lancé un appel aux Congolais impliqués dans les groupes armés actifs dans l’est du pays. Il les invite à renoncer à la lutte armée et à rejoindre les institutions nationales, estimant qu’aucun Congolais ne devrait soutenir une guerre dirigée contre son propre pays.
Il considère que les sanctions prises par les Nations unies, l’Union européenne et les États-Unis devraient contribuer, selon lui, à dissiper les ambiguïtés sur la nature du conflit dans l’est de la RDC. À ses yeux, ces mesures démontrent l’existence d’une agression militaire contre le pays et devraient inciter les Congolais encore engagés aux côtés des groupes armés à cesser de soutenir cette dynamique.
À travers ce récit, Lambert Mende présente son propre parcours comme celui d’un changement de conviction, qu’il estime pouvoir servir d’exemple à ceux qui poursuivent aujourd’hui la lutte armée, en les invitant à emprunter, selon ses mots, « le chemin vers Kinshasa ».
Tenplar Ngwadi
