Le Conseil national de la jeunesse (CNJ), le Conseil provincial de la jeunesse du Kwango ainsi que le Conseil territorial de la jeunesse de Popokabaka ont adressé, en date du 6 avril 2026, une correspondance officielle au Directeur général de la société de télécommunications Vodacom.
Cette démarche a été faite avec copies transmises à plusieurs autorités politico-administratives, notamment le député national élu de la circonscription de Popokabaka, le Gouverneur de la province du Kwango, les députés provinciaux de la même circonscription, le Président du Conseil provincial de la jeunesse du Kwango, ainsi que l’Administrateur du territoire de Popokabaka.
À travers cette lettre, les structures de jeunesse entendent attirer l’attention sur le dysfonctionnement persistant du réseau de télécommunication dans cette partie du pays. Dans leur correspondance, signée par le président territorial de la jeunesse de Popokabaka, Mathieu Iyabidila N’situ, les jeunes dénoncent une situation devenue critique.
Ils indiquent que, depuis près de deux semaines, la cité de Popokabaka et ses environs sont pratiquement privés de réseau téléphonique, en raison notamment d’un problème énergétique lié à l’absence d’un groupe électrogène de secours fonctionnel. « La communication étant un vecteur essentiel du développement, nous saluons les efforts de votre société pour connecter les milieux ruraux. Toutefois, nous constatons avec amertume que notre territoire est aujourd’hui plongé dans un isolement numérique », peut-on lire dans la lettre.
Même lorsque le réseau est accessible, la qualité des services reste fortement dégradée, avec une connexion limitée au système 2G, jugée obsolète face aux besoins actuels des populations.
Une crise énergétique à la base du problème
Selon les informations relayées, la principale cause de cette panne réside dans la défaillance du groupe électrogène alimentant les installations de Vodacom dans la zone. Bien que relativement récent (moins d’une année d’utilisation), cet équipement présenterait déjà des pannes mécaniques importantes, notamment au niveau du démarreur, tombé en panne après seulement trois mois d’usage.
Certaines pièces auraient même été prélevées pour dépanner un autre groupe électrogène situé à Kasongo-Lunda, aggravant ainsi la situation à Popokabaka.
À cela s’ajoute une pénurie de carburant, rendant impossible toute solution temporaire pour alimenter les installations.
Face à cette coupure prolongée, la population locale, et particulièrement les jeunes, exprime un ras-le-bol grandissant. Des sources locales indiquent qu’une mobilisation spontanée de jeunes a été observée le 6 avril 2026, certains ayant envisagé de récupérer un groupe électrogène destiné à Kasongo-Lunda, alors en transit au port central par voie fluviale.
Cette réaction illustre le niveau de frustration atteint après près d’un mois sans connexion mobile, affectant aussi bien les réseaux Vodacom que Orange.
Dans leur message, les jeunes de Popokabaka s’interrogent sur ce qu’ils perçoivent comme une marginalisation de leur territoire. « Nous nous demandons si Popokabaka ne figure pas parmi les priorités de votre réseau. Si tel est le cas, nous vous supplions de revoir votre politique afin de traiter ce site comme les autres à travers le pays ».
Ils plaident ainsi pour le rétablissement urgent du réseau, la réparation ou le remplacement du groupe électrogène défectueux, l’approvisionnement régulier en carburant, et surtout la migration vers la technologie 4G, afin d’améliorer durablement la qualité du service.
Une attente forte d’intervention rapide
La jeunesse et l’ensemble de la population du territoire de Popokabaka espèrent une réaction rapide des équipes techniques de Vodacom afin de résoudre les failles constatées. Ils réaffirment, par ailleurs, leur volonté de maintenir une collaboration constructive avec les autorités et les partenaires privés pour favoriser le développement du territoire.
La Gazette du Continent
