Les tracasseries policières ou routières sont devenues une norme en République Démocratique du Congo bien que les autorités soient au courant de cette mauvaise pratique qui touche non seulement des éléments de la police de circulation routière mais également d’autres unités de la police.
Y compris de la part des agents de la direction urbaine des transports de la ville de Kinshasa. Les autorités n’arrivent pas à mettre de l’ordre au sein de ces unités. La ville de Kinshasa compte plus de 64 sites de tracasseries fixes sans compter les sites mobiles avant cette opération de contrôle.
Il est étonnant de constater que ce phénomène perdure dans la ville de Kinshasa, siège de toutes les institutions nationales et provinciales. Les députés provinciaux et nationaux tentaient à peine d’en parler. La plupart des éléments commis dans les différents carrefours y sont d’abord pour l’argent et la gestion de la circulation n’est que secondaire. Pour bien observer ce phénomène, il suffit de se pointer dans un carrefour et constater les mouvements de préposés de l’Etat congolais. Le gouverneur Daniel Bumba aurait dû commencer par assainir les différents services qui opèrent sur la voirie.
L’opération de contrôle technique, des vignettes, de permis de conduire et de l’assurance automobile a accentué des abus qui gangrènent ceux qui sont censés mettre de l’ordre sur la voirie de la ville de Kinshasa, des autres villes, des cités et l’ensemble des routes du pays. Les barrières sont érigées en toute illégalité sur toute l’étendue du pays. Toutes les autorités sont au courant et aucune autorité ne réagit pour mettre fin à ce cancer.
Face aux abus constatés sur le terrain depuis le lancement de cette opération, le Gouvernement provincial de Kinshasa, agissant sur instructions du Gouverneur de la Ville de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, a informé le 10 février 2026 l’opinion publique que, dans le cadre des opérations de la Mission Mixte de Régulation Routière (MMRR), il a été constaté des actes graves de dérive sur le terrain, notamment la corruption, la concussion et les abus d’autorité.
Pour le gouvernement provincial, ces comportements constituent une violation manifeste des lois de la République et des objectifs poursuivis par l’opération, laquelle vise à restaurer l’ordre, la discipline et l’autorité de l’État sur l’ensemble de la Ville de Kinshasa, en mettant fin à l’incivisme et au désordre urbain caractérisé sur nos routes.
Il est ainsi enjoint à tous les services concernés de prendre acte que plusieurs agents impliqués ont déjà été identifiés, interpellés et déférés devant les juridictions compétentes, conformément à la loi. Les services de renseignements, les forces de police et autres services d’intelligence demeurent pleinement mobilisés pour identifier et interpeller tant les agents véreux que les conducteurs et usagers de la route complices de ces pratiques.
Toute personne impliquée, qu’elle soit agent public ou citoyen, en qualité de corrupteur ou de corrompu, s’exposera aux sanctions prévues par la loi, sans aucune complaisance. Le Gouvernement provincial rappelle que cette mission revêt un caractère permanent et pérenne. Il appelle la population au civisme, à la vigilance et à la collaboration, et réaffirme sa détermination à assainir durablement l’espace public.
L’implication des agents de la division urbaine des transports de la ville de Kinshasa des policiers
Les agents de la division urbaine des transports de la ville de Kinshasa ont pour tâches de faire appliquer les prix de la course des transports en commun et des itinéraires pour éviter la hausse exagérée et désordonnés des prix. Sur le terrain, les agents de la division urbaine se cachent dans les arrêts de bus pour prendre au dépourvu les transporteurs en commun. Ils font semblant d’attendre un bus ou un taxi et font irruption dans ces véhicules. Ils portent leurs tenues pour se faire identifier.
Dès qu’ils ordonnent au conducteur de mettre le véhicule au bord de la chaussée, ce sont des négociations qui commencent. Ils demandent des montants prohibitifs comme « amendes ». Ceux qui refusent de les payer, une fois conduits à leur siège, le montant peut doubler ou tripler… Des éléments de la police de circulation routière font pareil. Dans les différents carrefours, pendant certaines heures, ils ne gèrent plus la circulation. Ils se mettent sur la voie publique pour percevoir de l’argent auprès des conducteurs. Ceux qui refusent la « main tendue » changent carrément des itinéraires pour ne pas être pris de force et payer de « fortes amendes ».
Des taxis-bus et bus ont trouvé un moyen de contourner les tracasseries de la part des préposés de l’Etat. Dans les arrêts, ils refusent d’embarquer des passagers dans la cabine. S’il faut le faire, le receveur ouvre la portière pour que les passagers y entrent en étant vigilant. Avant d’arriver au terminus, les passagers dans la cabine doivent descendre pour éviter l’entrée par effraction des préposés de l’Etat. Ils « inventent » des contraventions de toutes sortes pour faire fléchir les conducteurs.
L’association des conducteurs des produits périssables de Mbanza-Ngungu avait obligé ses membres en février 2017 de ne plus arriver à Kinshasa. Les vendeurs prenaient en location des véhicules à 200.000 francs congolais par course de Mbanza-Ngungu pour Kinshasa (Marché Zikida). Dès que ces véhicules déposaient leurs clients, ils étaient interpellés à leur retour à Mbanza-Ngingu par des agents de la police de circulation routière à Pont Cabu. « Lorsque nous arrivons à Zikida, nous déchargeons les produits. Nous arrivons sans problème à destination. A notre retour, on nous récupère à Pont Cabu par des motards et des voitures de la police. Ils commencent par nous demander un montant de 500.000 francs congolais d’amende. Mais la course revient à 200.000 francs congolais ».
Les transactions se faisaient dans des débits de boisson. Les conducteurs devraient être habiles pour négocier. Les agents de la police de circulation routière acceptaient difficilement un montant en dessous de celui qu’ils percevaient. Entre-temps, le conducteur doit verser de l’argent de la course au propriétaire du véhicule, y compris l’achat de carburant et autres dépenses de l’équipage. Toute la recette restait entre les mains des agents de la police de circulation routière. Ils travaillaient à perte. Ils avaient pris la décision de déposer les vendeurs des produits périssables à Kasangulu.
Le conducteur qui refusait de payer cette somme, son véhicule était embarqué pour la fourrière de Mitendi pour la casse. Motif avancé, le véhicule n’était pas en bon état. Un chauffeur avait perdu la vie après avoir assisté à la casse de son véhicule. Il importe que l’Etat congolais prenne des mesures drastiques contre ses préposés qui abusent de leur position. Beaucoup d’éléments de la police de circulation routière ont été interpellés, jugés, condamnés et arrêtés. Ils sont demeurés de marbre dans leur position bien que d’autres ont été chassés définitivement de la police.
La Gazette du Continent
