La Commission d’enquête indépendante des Nations Unies sur les droits de l’homme dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu tire la sonnette d’alarme. Lors de sa première mise à jour devant le Conseil des droits de l’homme à Genève, elle a évoqué le 26 juin 2026 une situation des droits humains « d’une gravité exceptionnelle » dans l’est de la République Démocratique du Congo.
Selon son président, Arnauld Akodjenou, les informations recueillies font état de violences sexuelles liées au conflit, y compris des cas d’esclavage sexuel, de recrutements forcés d’enfants, d’homicides illégaux, d’arrestations arbitraires ainsi que d’attaques contre des écoles et des structures de santé.
Des enquêtes encore préliminaires
Créée par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies pour documenter les violations présumées du droit international humanitaire et des droits humains, la Commission a déjà mené plus de 80 consultations, en ligne et en présentiel. Lors d’une mission effectuée à Kinshasa au début du mois, ses membres ont rencontré des victimes, des survivants, des organisations de la société civile, des autorités congolaises, des représentants des Nations Unies, des diplomates et la Commission nationale des droits de l’homme.
En raison de l’insécurité persistante, la Commission n’a pas encore pu se rendre à Goma et dans les autres zones directement affectées par les combats. Elle affirme toutefois vouloir y effectuer des missions dès que les conditions de sécurité le permettront.
Des menaces contre les défenseurs des droits humains
Les enquêteurs disent avoir reçu des informations faisant état d’entraves à l’accès humanitaire, de mauvais traitements dans certains lieux de détention ainsi que de menaces visant des défenseurs des droits humains, des journalistes et d’autres personnes documentant les violations. Le commissaire Clément Voule a insisté sur le fait qu’aucun témoin ou acteur de la société civile ne devrait être victime d’intimidations ou de représailles pour avoir coopéré avec les mécanismes des Nations Unies.
Un appel à une mobilisation urgente
La Commission souligne que la crise dans l’est de la RDC continue d’avoir de lourdes conséquences sur la sécurité, la santé, l’éducation, la gouvernance et l’accès humanitaire. Elle relève également que la situation est aggravée par les risques liés à l’épidémie d’Ebola.
Tout en précisant que ses investigations sont encore à un stade préliminaire et qu’aucune conclusion définitive n’a été tirée, la Commission appelle les autorités congolaises, les parties au conflit et la communauté internationale à garantir un accès humanitaire sans entrave, à protéger les civils et les défenseurs des droits humains, et à soutenir des enquêtes indépendantes afin de lutter contre l’impunité.
Créée en février 2025 par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, la Commission est chargée d’établir les faits concernant les violations des droits humains et les éventuels crimes internationaux commis dans le contexte de l’escalade du conflit au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
La Gazette du Continent
