La Coalition Congo N’est Pas À Vendre (CNPAV) a organisé la deuxième édition du Prix Kanyaka, une initiative destinée à valoriser les acteurs engagés contre la corruption et à mettre en lumière les faits de corruption les plus dommageables pour la société. L’édition 2025 se concentre exclusivement sur les actions et les dossiers publiés au cours de l’année 2025.
Le Prix Kanyaka comporte deux volets : un prix positif, qui célèbre les personnes physiques, les institutions publiques ou les entreprises privées ayant fait preuve de courage et d’intégrité dans la lutte contre la corruption ; et un prix négatif, qui vise à exposer des faits de corruption graves ayant porté préjudice à la collectivité. Les organisateurs insistent sur le choix de nominer des faits et non directement des personnes pour le volet négatif, par respect de la présomption d’innocence et pour mieux focaliser l’attention sur les dossiers qui exigent l’intervention des autorités compétentes.
Parmi les nominés de cette édition, citons :
- CENAREF (Prix positif) : salué pour son rôle dans la protection des finances publiques, notamment le blocage de 19,9 millions USD, la lutte contre la falsification de documents, la digitalisation des contrôles et le gel de comptes liés à des flux suspects.
- Léonard Zama (Prix positif) : reconnu pour sa dénonciation des réseaux d’exploitation illégale d’or et de diamant, malgré des arrestations et des représailles, et pour son travail de sensibilisation auprès des ONG et du public.
- Simplice Kapipa (Prix positif) : primé pour ses enquêtes rigoureuses sur la fraude minière dans plusieurs territoires, son exposition médiatique des faits et sa résistance face aux tentatives d’intimidation.
Dirk Shako, coordinateur de la CNPAV, a rappelé que le Prix Kanyaka porte un message double : célébrer l’intégrité et dénoncer les pratiques les plus préjudiciables afin d’encourager la justice et la responsabilité publique. L’objectif est aussi d’éveiller les consciences, d’inspirer d’autres acteurs à s’engager et de pousser les institutions judiciaires et administratives à traiter avec diligence les dossiers pointés du doigt.
Simplice Kapipa, lauréat de cette deuxième édition, a exprimé sa gratitude : « C’est une fierté et une responsabilité. Merci à la CNPAV ; je promets de poursuivre et d’amplifier mon action. » La cérémonie a également été l’occasion d’appeler la société civile et les citoyens à soutenir les lanceurs d’alerte, les journalistes d’investigation et les magistrats qui s’emploient à préserver l’intérêt public.
La CNPAV espère que le Prix Kanyaka contribuera, à travers la reconnaissance et la stigmatisation des pratiques nocives, à inverser la tendance de la prédation des ressources et à favoriser une gouvernance plus transparente au bénéfice de tous les Congolais.
La Gazette du Continent
