Réuni en session ordinaire le mardi 28 avril 2026 à Kinshasa, le Conseil National de Suivi de l’Accord et du Processus Électoral (CNSA), sous la présidence de Joseph Olenghankoy Mukundji, a consacré ses travaux à une seule question : la nocivité du climat d’incertitude qui prévaut actuellement en République Démocratique du Congo.
S’appuyant sur la Résolution 2348 du Conseil de sécurité des Nations Unies du 31 mars 2017 et sur la loi organique n°18/023 du 13 novembre 2018, le CNSA a dressé un état des lieux préoccupant de la situation nationale, marquée par une crise multiforme affectant profondément la population.
Les membres du CNSA ont rappelé que plusieurs signaux positifs avaient récemment nourri l’espoir d’un retour à la paix, notamment à travers les processus engagés à Washington et à Doha, ainsi que les initiatives de médiation portées par certains dirigeants africains et l’Union africaine. Cependant, ces avancées peinent à se concrétiser. L’absence de progrès visibles dans la mise en œuvre des accords, combinée au flou entourant l’organisation d’un dialogue politique inclusif, entretient un sentiment généralisé d’incertitude. Pour le CNSA, cet immobilisme fragilise les attentes de la population et érode progressivement l’espoir d’une sortie de crise.
Le risque d’un désengagement national
Le CNSA met en garde contre les conséquences de cette situation, notamment le risque de voir s’installer une forme de résignation collective. À l’Est du pays, durement touché par les conflits, un sentiment d’abandon pourrait se renforcer, accentuant la rupture avec le reste du territoire. Dans les autres provinces, une certaine indifférence face à la guerre pourrait également s’installer, contribuant à banaliser une situation pourtant jugée inacceptable. Cette dynamique, selon le CNSA, menace la cohésion nationale et affaiblit l’autorité de l’État.
Le Conseil souligne par ailleurs une montée de la défiance envers les institutions. Des manifestations d’exaspération, encore limitées, traduisent une perte de confiance croissante. Des discours extrêmes, évoquant même un rattachement à des pays étrangers, témoignent du désarroi d’une partie de la population. Le CNSA s’inquiète également des déclarations de certains responsables évoquant l’absence d’élections aux prochaines échéances ou le rejet d’un dialogue inclusif, sans alternative crédible pour mettre fin à la guerre.
Appel à des actions urgentes et concrètes
Face à cette situation, le CNSA appelle les institutions de la République à sortir de l’inertie et à poser des actes forts pour restaurer la confiance. Il recommande la relance des efforts de paix et la clarification des orientations politiques afin de redonner de la visibilité et de l’espoir à la population. Le Conseil insiste sur la nécessité de concrétiser les étapes déjà engagées dans les processus de paix et d’accélérer la mise en place d’un dialogue inter-congolais inclusif, considéré comme essentiel pour renforcer la cohésion nationale.
Le CNSA souligne enfin la responsabilité particulière du Président de la République, garant de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale, conformément à l’article 69 de la Constitution. Il l’exhorte à s’imposer face aux intérêts particuliers et à privilégier l’intérêt général, en vue de mettre fin aux souffrances des populations. Le Conseil appelle l’ensemble des institutions à soutenir cette dynamique, afin de consolider la paix, renforcer l’unité nationale et restaurer la confiance du peuple congolais dans son avenir.
La Gazette du Continent
