La ville de Beni, capitale provisoire du Nord-Kivu, traverse une grave crise d’approvisionnement en carburant. En l’espace d’une semaine, le prix du litre d’essence est passé de 3 000 à 21 000 francs congolais, soit environ 9 dollars américains, une hausse sans précédent qui bouleverse la vie économique et sociale de la ville.
Faute de ravitaillement régulier dans les stations-service, désormais toutes à l’arrêt, automobilistes et motocyclistes se tournent vers les revendeurs informels, communément appelés « Kadhafi », devenus les principaux fournisseurs de carburant.
Cette flambée des prix a contraint de nombreux motards-taxis à suspendre leurs activités, estimant que l’exploitation de leurs engins n’est plus rentable. La rareté des motos-taxis a fortement perturbé les déplacements urbains et ralenti plusieurs secteurs d’activité.
Les agriculteurs figurent parmi les plus touchés par cette situation. Au rond-point ENRA, des dizaines d’entre eux se sont rassemblés dès l’aube ce samedi, dans l’espoir de trouver un moyen de transport pour rejoindre leurs champs, situés à plusieurs kilomètres à l’est de la ville. En vain.
« Regardez la vie que nous menons aujourd’hui. Que le gouvernement nous aide à faire baisser le prix du carburant. À cette allure, les gens risquent de se révolter et même de bloquer les routes. Voilà pourquoi tous les motards ont laissé leurs motos à la maison », a témoigné l’un d’eux.
Dans les principales artères de Beni, la circulation est restée quasi inexistante ce samedi. Les motos-taxis se faisaient rares, tandis qu’aucune station-service n’était opérationnelle.
Sollicités sur cette crise, les responsables de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), antenne de Beni, ainsi que les opérateurs pétroliers, n’ont pas souhaité réagir. Ils renvoient toutefois la responsabilité au gouvernement central, évoquant notamment l’introduction de nouvelles taxes dans le système douanier SYDONIA.
Tenplar Ngwadi
