La Synergie des femmes pour la paix et la sécurité du Bas-Uélé a présenté, le lundi 11 mai 2026 à Buta, une note de plaidoyer au Gouverneur de province afin de réclamer une participation plus effective des femmes dans les instances de prise de décisions ainsi que dans les mécanismes de paix et de sécurité.
À travers cette démarche, les organisations féminines entendent attirer l’attention des autorités provinciales sur l’urgence de promouvoir un leadership féminin plus inclusif dans les domaines politique, administratif, communautaire et sécuritaire. Selon cette structure, l’objectif est d’encourager l’adoption de mesures concrètes permettant aux femmes du Bas-Uélé d’occuper pleinement leur place dans la gouvernance provinciale, la prévention des conflits, la consolidation de la paix et le développement durable.
Une province confrontée à plusieurs défis
Dans leur document, les femmes rappellent que le Bas-Uélé dispose d’importantes potentialités humaines, agricoles et communautaires, mais demeure confronté à de nombreux défis socio-économiques et sécuritaires. Malgré leur rôle essentiel dans la stabilité des familles, l’économie locale, l’agriculture, l’éducation et la cohésion sociale, les femmes restent faiblement représentées dans les espaces de décisions.
La Synergie des femmes pour la paix et la sécurité estime que les réalités socioculturelles, les inégalités structurelles, la faible promotion du leadership féminin ainsi que les effets de l’insécurité limitent fortement l’accès des femmes aux responsabilités publiques et aux mécanismes de paix.
Une représentation encore largement insuffisante
Les signataires de la note reconnaissent toutefois les efforts déjà fournis par le Gouverneur de province en faveur de la promotion de la femme, notamment à travers la nomination de deux femmes au sein de l’Exécutif provincial. Ces dernières occupent respectivement les portefeuilles de la Fonction publique, Portefeuille et Investissement, ainsi que celui de l’Environnement, Développement durable, Conservation de la nature, Tourisme, Famille et Enfants.
Bien que cette représentation soit évaluée à environ 20 %, les organisations féminines considèrent qu’elle traduit une volonté encourageante de promouvoir le leadership féminin au sein des institutions provinciales. Cependant, elles dénoncent encore plusieurs disparités importantes. Seulement 7 femmes occupent le poste de cheffes de division sur 53, soit 13,2 % ; aucune femme à la Direction générale de la DGRBU ; aucune femme Cheffe de ressort au sein de cette régie financière ; aucune femme Cheffe de quartier dans la province.
Les conséquences de la sous-représentation des femmes
Selon la Synergie des femmes pour la paix et la sécurité, la faible implication des femmes dans les sphères décisionnelles entraîne une gouvernance moins inclusive et prive la province de compétences importantes. Cette situation fragilise également les initiatives de paix, entretient les inégalités de genre et réduit l’efficacité des réponses aux défis sécuritaires et de développement.
Les propositions soumises aux autorités provinciales
Pour corriger ces déséquilibres, les femmes du Bas-Uélé proposent plusieurs pistes d’actions, notamment la nomination des femmes compétentes dans les institutions provinciales et territoriales ; leur intégration dans les comités locaux de sécurité ; le renforcement des capacités des femmes en leadership, gouvernance et prévention des conflits ; le soutien aux organisations féminines engagées dans la promotion de la paix et du développement.
Un appel à une gouvernance plus inclusive
La Synergie des femmes pour la paix et la sécurité rappelle que l’implication des femmes constitue un enjeu stratégique pour la stabilité sociale et le développement durable de la province. Elle souligne également que la Constitution garantit l’égalité ainsi qu’une représentation équitable entre les hommes et les femmes dans les institutions publiques.
Dans leur conclusion, les femmes exhortent le Gouverneur du Bas-Uélé à faire de la participation féminine dans les instances de décisions et les mécanismes de paix et sécurité une priorité stratégique.
« Agir maintenant, c’est choisir une gouvernance plus juste, une paix plus solide et un développement véritablement intégral », conclut la note de plaidoyer.
La Gazette du Continent
