Sous l’impulsion du gouverneur Daniel Bumba, la mégapole congolaise a entamé une mue brutale. L’opération, lancée ce lundi 26 janvier 2026, a vu le déploiement de 3 000 agents sur les 60 carrefours les plus critiques de la ville. L’objectif affiché : fluidifier une circulation légendairement chaotique. Mais dès le deuxième jour, ce mardi 27 janvier, le constat dressé par les autorités est accablant.
Selon les statistiques révélées par l’Agence congolaise de presse (ACP), à peine 5 % des chauffeurs opérant à Kinshasa sont en règle vis-à-vis du fisc provincial et possèdent l’intégralité des documents automobiles exigés. Ce chiffre illustre le fossé entre la réglementation en vigueur et la réalité du terrain.
L’appel de Colette Tshomba pour des bus publics
Face à ce diagnostic, les réactions politiques ne se sont pas fait attendre. Colette Tshomba, députée nationale honoraire, a tenu à saluer cette initiative de régulation. Pour elle, cette opération est avant tout bénéfique pour les conducteurs et les taximen eux-mêmes, soulignant qu’évoluer dans la légalité est une protection pour leur propre activité.
Toutefois, consciente de l’impact social de cette rigueur administrative, Colette Tshomba a sollicité une réponse d’envergure de la part de l’exécutif. Elle appelle le gouvernement congolais à « multiplier les idées » pour soulager les citoyens, suggérant notamment la mise en service de bus appartenant à l’État. Pour la députée, l’introduction de véhicules publics propres et aux normes permettrait d’alléger la tâche des « paisibles citoyens » au moment où cette nouvelle politique de contrôle entre durablement en vigueur.
Sur le terrain, la tension est palpable. Le gouverneur Bumba s’est montré intraitable : les contrôles routiers sont désormais systématiques et tout contrevenant s’expose à des sanctions immédiates. Ce plan de régulation, s’il vise à remédier aux problèmes majeurs de trafic, se heurte à une réponse radicale des transporteurs privés.
Entre les agents déployés aux carrefours et les bus restés massivement au garage pour éviter les saisies, les Kinois se retrouvent en première ligne. Pour l’heure, rejoindre son lieu de travail est devenu un véritable défi, signe que la transition vers un système de contrôle rigoureux risque d’être parsemée d’embûches.
Tenplar Ngwadi
