À l’occasion de la Journée internationale de la paix 2026, la Synergie des Femmes pour la Paix et la Sécurité (SFPS) organise, les 21 et 22 septembre 2026 à Kinshasa, deux journées consacrées à la reconnaissance du rôle des femmes et des filles dans la prévention des conflits, la médiation et la consolidation de la paix en République Démocratique du Congo.
Placée sous le thème « Femmes et filles : investir dans la paix, reconnaître celles qui la construisent », cette initiative s’inscrit dans le thème international « Investir dans la paix – Pour toutes et tous, partout, chaque jour ».
La SFPS, qui regroupe plus de 150 organisations et réseaux féminins, entend également renouveler son engagement en faveur de la mise en œuvre du Plan d’action national (PAN) 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité.
Les femmes doivent être autour de la table
Représentant la ministre du Genre, de la Famille et de l’Enfant, la conseillère en genre Marie-Rose Mangwaa Ingoy a salué l’engagement des femmes congolaises dans les processus de paix.
Elle a souligné que, depuis l’adoption de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, les femmes ne doivent plus être considérées uniquement comme des victimes des conflits, mais également comme des actrices de paix, de résilience et de transformation sociale.
La représentante de la ministre a appelé à poursuivre les efforts pour renforcer leur participation à la prévention des conflits, au dialogue, à la prise de décision et à la consolidation de la paix.
Julienne Lusenge : reconnaître les « héroïnes dans l’ombre »
Pour Julienne Lusenge, point focal de la SFPS, les femmes jouent quotidiennement un rôle essentiel dans les communautés affectées par les conflits, notamment dans l’Est de la RDC.
Elle estime toutefois que leur contribution reste insuffisamment reconnue dans les processus de décision. « On ne peut pas construire la paix sans la présence des femmes », a-t-elle insisté, appelant à leur participation effective à toutes les étapes des discussions sur la paix.
La SFPS prévoit également de mettre à l’honneur des « héroïnes dans l’ombre », ces femmes qui, souvent loin des projecteurs, contribuent à résoudre des conflits communautaires, protéger des vies et maintenir la cohésion sociale.
ONU Femmes appelle à capitaliser l’expérience congolaise
De son côté, Catherine Ondimba, représentant ONU Femmes, a insisté sur la nécessité de renforcer la solidarité entre les femmes et de capitaliser les expériences acquises au fil des processus de paix en RDC.
Elle a notamment évoqué l’expérience de Sun City et appelé à davantage de dialogue intergénérationnel, à la valorisation de l’expertise des femmes et à la transmission de leurs acquis aux nouvelles générations.
Pour ONU Femmes, cette dynamique doit également s’appuyer sur une culture de paix, à travers le dialogue, les comportements pacifiques et la diffusion de ces valeurs dans les communautés.
Une mobilisation nationale autour de l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité
Ces deux journées réunissent des femmes leaders, médiatrices, jeunes femmes, organisations de la société civile, réseaux de paix et représentantes des 26 provinces de la RDC, aux côtés d’acteurs religieux, des médias, du secteur privé et de partenaires institutionnels.
La SFPS souhaite notamment lancer une campagne nationale de sensibilisation sur la participation des femmes et des filles à la paix et à la sécurité, en s’appuyant sur les résolutions 1325 et 2250.
L’initiative vise enfin à renforcer les synergies autour du PAN 1325 et à rendre davantage visibles les contributions des femmes à la prévention des conflits, à la protection des communautés et à la consolidation de la paix en RDC.
La Gazette du Continent
