La disparition de Moussa Kaka au Niger suscite une vive inquiétude dans le monde des médias africains.
Deux mois après la disparition du journaliste Moussa Kaka au Niger, dix journalistes du Mali, du Niger et du Burkina Faso, mobilisés par Reporters sans frontières ( RSF), signent une tribune collective. Ils appellent les autorités nigériennes à révéler le sort réservé au journaliste.
Que s’est-il passé ?
31 août 2026, l’icône de la presse nigérienne n’a plus donné signe de vie. Moussa Kaka quitte les locaux de Radio Télévision Saraounia (RTS), à Niamey, pour rentrer chez lui, vers 19 heures au volant de sa voiture. Il n’arrivera jamais à destination. Ses proches et ses collaborateurs restent sans nouvelles de lui.

Le 25 septembre, le ministre nigérien de la Justice, Alio Daouda, reconnaît devant les Nations unies que le journaliste est détenu par les autorités, sans préciser où ni pour quel motif. Le 28 octobre, Human Rights Watch demande aux autorités nigériennes de révéler son lieu de détention et de le libérer s’il n’est pas poursuivi sur la base d’une accusation valable. Le 30 octobre, Reporters sans frontières dénonce toujours le silence des autorités sur son sort.
Qui est Moussa Kaka ?
Moussa Kaka est un journaliste au parcours marqué par les épreuves,,ancien correspondant de Radio France Internationale (RFI),il est une figure connue du journalisme nigérien. Il avait déjà passé 379 jours en prison entre 2007 et 2008.
Journaliste chevronné, considéré comme l’une des grandes figures du journalisme au Niger et dans la région du Sahel, ce bon père de famille , âgé de 66 ans compte près de 40 années d’expérience dans les médias.  Il a commencé sa carrière à la radio nationale du Niger, avant de travailler dans la presse écrite,en 1993 : il devient correspondant de Radio France Internationale (RFI) au Niger.
En 1999 , il fonde Radio Saraounia et lance la télévision Saraounia.Il dirige ensuite un groupe de presse employant environ 70 personnes.
Ses confrères vivent l’angoisse de la disparition d’un journaliste au professionnalisme avéré.

Cette disparition suscite une mobilisation d’organisations internationales de défense des droits humains et de la liberté de la presse en Afrique.
Les journalistes africains sont confrontés à de nombreuses difficultés dans l’exercice de leur métier.
Ils sont souvent victimes des arrestations arbitraires et détentions abusives , dans la plupart des cas, ils sont arrêtés ou emprisonnés en raison de leurs enquêtes ou de leurs prises de position.
Certains subissent des intimidations , des menaces des pressions politiques, administratives ou économiques.
Jean-Claude Mombong Mass
