Le mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA) a salué l’annonce d’un dialogue national inclusif en République démocratique du Congo, tout en appelant les autorités à poser des actes concrets pour garantir la crédibilité du processus. Dans un communiqué publié le 22 juillet 2026 à Lubumbashi, le mouvement estime que cette initiative intervient dans un contexte marqué par une crise sécuritaire persistante dans l’est du pays et de fortes tensions politiques.
La LUCHA rappelle que la RDC traverse, selon ses termes, « l’une des périodes les plus délicates de son histoire », évoquant les violences attribuées notamment aux ADF, au M23, à la CODECO et à la CRP. Le mouvement souligne également que des millions de Congolais vivent toujours dans des camps de déplacés ou de réfugiés, tandis que les populations civiles continuent de subir les conséquences des conflits armés.
Présente de longue date parmi les organisations plaidant pour un dialogue national, la LUCHA réaffirme son soutien à un cadre de « vérité, de justice et de réconciliation pour un Congo fort et prospère ». Toutefois, elle met en garde contre toute initiative qui servirait, selon elle, de « stratagème de conservation du pouvoir » ou de « simple marché de négociation des postes politiques dans l’oubli total de la justice pour les victimes ».
Pour assurer la crédibilité du dialogue, le mouvement formule quatre principales exigences. Il demande d’abord la libération de tous les prisonniers politiques et d’opinion ainsi qu’une décrispation du climat politique sur l’ensemble du territoire. Il appelle ensuite au respect strict de la Constitution et au rejet de toute réforme motivée par des ambitions personnelles.
La LUCHA plaide également pour un dialogue véritablement inclusif. Elle souhaite la participation de l’opposition politique, de la société civile, des mouvements citoyens, des défenseurs des droits humains, des femmes, des jeunes, de la diaspora et des victimes des conflits. Le mouvement estime en outre que les groupes armés nationaux et les mouvements rebelles devraient prendre part au processus, non pour être exonérés de leurs responsabilités, mais afin de favoriser la mise en œuvre des résolutions qui pourraient être adoptées.
Enfin, le mouvement réclame la création d’un mécanisme indépendant chargé d’assurer le suivi et l’évaluation des engagements issus du dialogue, estimant qu’une telle structure est indispensable pour éviter que les conclusions du processus ne restent sans effet.
Cette prise de position intervient quelques jours après l’annonce, le 17 juillet 2026, par le président Félix Tshisekedi, de l’organisation d’un dialogue national inclusif. La facilitation du processus a été confiée à la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et à l’Église du Christ au Congo (ECC), qui ont entamé les premières consultations avec les différentes parties prenantes.
L’initiative suscite déjà diverses réactions au sein de la classe politique et de la société civile. Si plusieurs acteurs se disent favorables à un dialogue pour tenter de répondre aux défis sécuritaires et politiques du pays, des divergences persistent sur son organisation, la composition des participants et les garanties nécessaires pour assurer son efficacité. La position exprimée par la LUCHA illustre ainsi les attentes d’une partie de la société civile, qui conditionne son adhésion au processus à des mesures concrètes de décrispation politique, d’inclusivité et de respect de l’État de droit.
Magloire Mutulwa
