La coalition politico-militaire Alliance Fleuve Congo/M23 (AFC/M23) a annoncé avoir achevé, le 20 juillet 2026, la formation de 9 318 nouveaux commandos de son Armée Révolutionnaire Congolaise (ARC) à Tchanzu, dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. L’information a été rendue publique par le mouvement et relayée sur les réseaux sociaux par son porte-parole, Lawrence Kanyuka.
La cérémonie de clôture s’est déroulée en présence du général-major Sultani Makenga, présenté par l’AFC/M23 comme coordinateur militaire de la coalition et chef d’état-major de l’ARC. Selon le mouvement, les recrues, formées durant plusieurs mois, sont désormais opérationnelles et ont réaffirmé leur engagement à exécuter « avec professionnalisme » les missions qui leur seront confiées.
L’AFC/M23 affirme que cette nouvelle promotion s’inscrit dans sa stratégie visant à renforcer les capacités de son armée et à assurer la sécurisation des territoires qu’elle contrôle. Le mouvement évoque également la protection des populations vivant dans les zones sous son administration.
Cette montée en puissance intervient alors que plusieurs initiatives diplomatiques sont en cours pour tenter de mettre fin au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo, notamment à travers les processus de Doha et de Luanda. Malgré ces efforts, les positions des différentes parties demeurent éloignées.
Le coordonnateur politique de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, a récemment réaffirmé le rejet par son mouvement de toute perspective de dialogue avec les autorités de Kinshasa. Il estime que la résolution de la crise passe par une refondation de l’État et la mise en place d’une « armée dissuasive », plutôt que par des compromis politiques.
Du côté du gouvernement congolais, les autorités poursuivent également leurs réformes du secteur de la défense. Le ministre de la Défense, Guy Kabombo, a présenté devant le Parlement le projet de loi de programmation militaire 2027-2030, destiné à renforcer les capacités des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Le texte prévoit notamment des investissements dans la modernisation des équipements, le renseignement militaire et la professionnalisation des troupes.
L’annonce de cette nouvelle vague de formation militaire par l’AFC/M23 intervient ainsi dans un contexte où les deux camps affichent leur volonté de renforcer leurs capacités, tandis que les efforts de médiation régionale et internationale se poursuivent pour tenter d’obtenir une désescalade durable du conflit dans l’est du pays.
La Gazette du Continent
