Le Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus (MCVE+) est officiellement entré en fonction à Goma, dans le Nord-Kivu. Son opérationnalisation, effective ce jeudi 16 juillet 2026, marque le début du déploiement conjoint des experts désignés par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et l’AFC/M23 dans le cadre du suivi du cessez-le-feu.
C’est le commandant du Mécanisme conjoint de vérification élargi (MCVE+) (ou commandant de l’EJVM+) qui a formellement acté et déclaré cette mise en fonction lors de l’accueil officiel des experts à Goma.
Le dispositif réunit des représentants des FARDC et de l’AFC/M23 sous la supervision de partenaires internationaux, notamment l’Union africaine, la MONUSCO, ainsi que des observateurs du Qatar, du Togo et des États-Unis. Sa mission consiste à surveiller le respect du cessez-le-feu, enquêter sur les violations signalées, vérifier les mouvements des forces en présence et contribuer à la consolidation du processus de paix dans l’Est de la RDC.
La mise en œuvre du mécanisme s’est déroulée en plusieurs étapes. Le 14 octobre 2025, les parties avaient convenu à Doha du principe de création de cet organe de vérification. Le 14 avril 2026, un protocole d’accord a été signé lors des pourparlers de Montreux, officialisant sa mise en place. Le 4 juin 2026, la MONUSCO a inauguré et équipé les bureaux du mécanisme à Goma. Enfin, le 13 juillet 2026, trois officiers supérieurs des FARDC ont rejoint la ville à bord d’un vol de la MONUSCO pour intégrer l’équipe conjointe.
La délégation des FARDC est conduite par le lieutenant-colonel Ben Épule Cosmas, assisté du major Lokuli Bofanda Freddy et du major Kitoko Dimoneke André. Ils travaillent désormais aux côtés des représentants de l’AFC/M23 au sein des installations aménagées pour le mécanisme.
Selon son mandat, le MCVE+ devra produire des vérifications impartiales des incidents signalés et favoriser l’instauration d’un climat de confiance entre les parties engagées dans le processus de paix.
Malgré cette avancée institutionnelle, la situation sécuritaire demeure fragile dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les FARDC et l’AFC/M23 continuent de s’accuser mutuellement de violations du cessez-le-feu et d’attaques sur le terrain, soulignant les défis qui attendent le nouveau mécanisme dans l’exercice de sa mission.
Magloire Mutulwa
