Une vague d’attaques armées a frappé la ville de Beni et la commune de Mangina, en Province du Nord-Kivu, entre le lundi 13 et mercredi 15 juillet 2026. Selon les bilans communiqués par des sources locales et les autorités relayées par le journaliste local Pascal Nduyiri, ces violences ont fait au moins 11 morts et six blessés, tout en provoquant d’importants déplacements de population.
Les premières attaques ont été signalées dans la nuit du lundi 13 juillet dans les quartiers Matembo et Sayo, en ville de Beni. Des hommes armés ont pris pour cible des civils, faisant sept morts et plusieurs blessés, selon des sources locales. Ces violences ont semé la psychose parmi les habitants.
Le mardi 14 juillet, une nouvelle attaque est survenue dans la cellule Mapemba, au quartier Sayo, près du lieu-dit Carrière. Plusieurs personnes y ont été tuées. En raison de l’insécurité persistante, les corps des victimes sont restés sur place pendant plusieurs heures avant l’intervention des forces de sécurité.
Des éléments des FARDC, appuyés par les Wazalendo et l’armée ougandaise (UPDF), sont ensuite intervenus pour sécuriser la zone et permettre l’évacuation des dépouilles. Dans le même temps, plusieurs habitants du quartier Mundubiena ont quitté leurs domiciles par crainte de nouvelles attaques.
Face à cette recrudescence des violences, le député provincial Alain Siwako a alerté sur une présence présumée des combattants des ADF entre le quartier Sayo et la commune de Mangina. Il a appelé les autorités militaires à renforcer les opérations de sécurisation dans cette partie du territoire de Beni.
Quelques heures plus tard, dans la soirée du mardi 14 juillet, des coups de feu ont retenti au quartier Home, dans la commune de Mangina. La population, prise de panique, a fui les habitations pour passer la nuit en forêt ou à ciel ouvert malgré les intempéries.
Ce mercredi 15 juillet, le président de la société civile de Mangina, Kakule Vunyatsi Mwongozi, a annoncé un bilan provisoire de trois morts et trois blessés, dont deux femmes. Il a également indiqué qu’un jeune homme porteur d’une lance avait été interpellé au cours de la nuit, tandis que les auteurs de l’attaque n’avaient pas encore été identifiés.
Les assaillants ont également incendié une cuisine, une maison d’habitation ainsi qu’une moto. D’après les premiers témoignages recueillis sur place, ils seraient passés par le cimetière de Home 4 avant de commettre ces actes.
Le bourgmestre de Mangina, Kambale Kikuku Nicolas, a confirmé le bilan tout en précisant que les enquêtes se poursuivent. Il a indiqué que, parmi les trois personnes décédées, deux auraient perdu la vie dans un accident survenu lors de la panique provoquée par les tirs, tandis qu’une troisième a été mortellement atteinte par balle. Les trois blessés ont été touchés par des projectiles.
Au lendemain de cette nuit d’angoisse, un calme relatif est revenu à Mangina. Les autorités poursuivent les investigations afin d’identifier les responsables de ces attaques, alors que la population demeure en état d’alerte.
La région de Beni et de l’est de la République démocratique du Congo est en proie à une insécurité chronique . Le début des grands massacres cycliques c’est en Octobre 2014.Le cycle actuel de massacres de grande envergure, caractérisé par des tueries de civils à la machette et à l’arme à feu commises par les rebelles des ADF (Forces démocratiques alliées), a commencé précisément en octobre 2014. La région subit depuis près de 12 ans des attaques terroristes quasi quotidiennes contre les populations locales.
Magloire Mutulwa
