L’Action des Jeunes pour le Bien-être Social (AJBS), une organisation de défense des droits humains, a saisi l’Auditeur militaire près le Tribunal militaire de garnison de la Mongala pour dénoncer des actes présumés de torture, de traitements cruels, inhumains et dégradants ainsi que des abus d’autorité attribués au commandant de la Marine Tonton Andongo et à plusieurs de ses collaborateurs.
Dans une correspondance datée du 8 juillet 2026 et adressée également à plusieurs autorités civiles, militaires et judiciaires de la province de la Mongala, l’organisation demande l’ouverture d’une enquête judiciaire indépendante afin d’établir les responsabilités.
Un témoin aurait été violemment torturé
Selon les informations rapportées par l’AJBS, les faits remontent au 8 juin 2026 au marché de Lisombo, situé dans le groupement Bobende Terre, secteur de Boso-Nzanoa, territoire de Bongandanga. L’ONG affirme que des éléments de la Marine, conduits par le commandant Tonton Andongo, effectuaient une mission de contrôle lorsqu’ils auraient interpellé un jeune homme à qui ils réclamaient un droit de constat.
Un différend aurait éclaté avant que le jeune ne soit, selon l’organisation, violemment frappé puis placé en détention. Toujours d’après l’AJBS, Alain Motingo Motingo, qui assistait à la scène, serait intervenu pour demander aux agents les raisons de ces violences. L’organisation soutient qu’il aurait alors été à son tour roué de coups, ligoté dans une position dite de « caïman » à l’aide de morceaux de moustiquaire, puis enfermé dans un cachot où il serait resté toute la nuit dans un état d’inconscience.
Une demande d’enquête judiciaire indépendante
Estimant que ces faits constituent de graves violations des droits fondamentaux garantis par la Constitution et les instruments internationaux relatifs aux droits humains, l’AJBS sollicite l’ouverture d’une enquête indépendante, impartiale et approfondie. L’organisation demande également l’identification et les poursuites de tous les auteurs présumés, la protection des victimes et des témoins, ainsi que l’application de sanctions conformément aux lois de la République démocratique du Congo.
À ce stade, les autorités judiciaires et militaires concernées n’ont pas encore réagi publiquement à ces accusations, qui reposent sur les allégations contenues dans la plainte de l’AJBS.
Zacharie Mikounga
