Dans la province du Tanganyika, un prêtre est en conflit avec son diocèse de Kongolo pour des actes de mégestion au sein de deux écoles : l’Institut Kateya et l’Institut Budi Petshi. L’abbé Urbain Kalonda Ngoy, qui a géré ces deux écoles conventionnées catholiques, affirme avoir été empoisonné par ses collègues.
Il avait sollicité en vain un procès contre ses pairs et a écrit 38 lettres, avec copies conformes à la CENCO et au Nonce apostolique. Actuellement, l’abbé Urbain Kalonda ne bénéficie d’aucune prise en charge médicale. Il déclare avoir quitté sa circonscription ecclésiastique en raison de menaces pesant sur sa sécurité.
Installé à Kinshasa depuis plusieurs mois, l’abbé Urbain Kalonda affirme avoir quitté le diocèse de Kongolo dans la province du Tanganyika pour des raisons de santé et de sécurité. Le prêtre rejette l’idée d’un conflit avec l’Église catholique et soutient que ses difficultés sont liées à son combat contre des pratiques qu’il juge contraires aux principes de justice et de bonne gouvernance.
Selon lui, les problèmes ont commencé alors qu’il dirigeait successivement plusieurs établissements scolaires conventionnés catholiques dans le territoire de Kongolo. Il affirme y avoir découvert des cas présumés de détournement de biens et d’autres irrégularités administratives qu’il dit avoir signalés à la coordination diocésaine.
Des dénonciations qui auraient provoqué des représailles
L’abbé Kalonda soutient que ses dénonciations lui ont valu de devenir une cible. Il affirme notamment avoir refusé qu’un candidat, qu’il estimait ne pas remplir les conditions requises, participe à l’Examen d’État 2020-2021. Il accuse également deux prêtres du diocèse de l’avoir menacé de mort avant d’être victime d’un empoisonnement, des faits qu’il dit avoir dénoncés auprès de son évêque et de plusieurs autorités ecclésiastiques. Ces accusations n’ont pas, à ce jour, fait l’objet d’une confirmation publique par une enquête indépendante.
Des dizaines de courriers adressés à la hiérarchie
Le prêtre affirme avoir multiplié les démarches auprès des autorités de l’Église. Il dit avoir adressé 38 lettres à la Nonciature apostolique, à la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), à son évêque ainsi qu’à d’autres responsables de l’Église catholique. Malgré ces correspondances et les documents qu’il affirme détenir, aucune procédure n’a été engagée contre les personnes qu’il met en cause. Il estime que le silence observé par la hiérarchie l’a conduit à rendre cette affaire publique.
Un appel à une enquête
Toujours en soins à Kinshasa, l’abbé Urbain Kalonda demande l’ouverture d’une enquête afin d’établir les responsabilités sur les faits qu’il dénonce. Il affirme disposer de nombreuses pièces justificatives et souhaite qu’une procédure, tant civile que canonique, permette de faire toute la lumière sur cette affaire. À ce stade, le diocèse de Kongolo ainsi que les responsables ecclésiastiques cités dans les déclarations de l’abbé Urbain Kalonda n’ont pas publiquement réagi à ces accusations.
Toutes les voies internes ont été épuisées, affirme l’abbé Kalonda
L’abbé Urbain Kalonda affirme avoir d’abord privilégié un règlement interne de son différend avec les responsables du diocèse de Kongolo. Selon lui, plusieurs tentatives de médiation ont été engagées, notamment lors d’une rencontre réunissant les prêtres du diocèse le 25 août 2022 au petit séminaire de Kongolo.
Le religieux soutient avoir demandé à son évêque d’organiser une procédure canonique afin d’examiner les faits qu’il dénonçait. Il affirme que cette demande est restée sans suite et met en cause la responsabilité de son évêque dans cette affaire. Cette accusation n’a pas été commentée publiquement par le diocèse.
Des démarches auprès de la CENCO et des autorités de l’État
Estimant que les mécanismes internes de l’Église n’ont pas permis de traiter son dossier, l’abbé Kalonda indique avoir saisi la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), la Nonciature apostolique ainsi que plusieurs autorités ecclésiastiques.
Il affirme avoir ensuite informé les institutions de l’État, notamment la Présidence de la République, la Primature, le ministère de la Justice et les autorités militaires, afin d’obtenir une protection et l’ouverture d’une enquête sur les faits qu’il dénonce.
La santé avant tout pour sauver sa vie
Toujours installé à Kinshasa, l’abbé Urbain Kalonda explique que son retour dans le diocèse de Kongolo n’est pas envisageable dans l’immédiat. Il affirme poursuivre des soins médicaux spécialisés et assure que son état de santé reste préoccupant. Selon lui, sa priorité est de retrouver la santé avant d’envisager toute autre démarche.
Un appel à une enquête indépendante
En conclusion, le prêtre demande aux autorités ecclésiastiques, notamment au cardinal Fridolin Ambongo, au président de la CENCO ainsi qu’au nonce apostolique, de faire appliquer le droit canonique dans cette affaire. Il sollicite également l’implication des autorités congolaises afin que les faits qu’il dénonce fassent l’objet d’une enquête indépendante. À ce stade, les responsables du diocèse de Kongolo et les autres personnes citées dans ses déclarations n’ont pas publiquement réagi à ces allégations.
La Gazette du Continent
