Quatre ans après la prise de Bunagana par les rebelles du M23, le député provincial de Rutshuru, Emmanuel Muhozi, affirme que les habitants de cette cité frontalière n’ont jamais accepté l’occupation de leur territoire.
Élu de cette circonscription, il souligne que la population continue de faire confiance aux efforts diplomatiques et militaires entrepris par le gouvernement congolais et le président de la République.
Cependant, selon lui, le temps qui passe sans avancée décisive vers la libération de Bunagana alimente un sentiment croissant de frustration. Les habitants, confrontés à des conditions de vie difficiles et à une forte répression, s’interrogent régulièrement sur les perspectives de leur retour sous l’autorité de l’État congolais.
« La population ne s’est pas habituée à l’occupation. C’est une situation anormale qu’elle vit sous contrainte. Chaque jour, elle nous appelle pour savoir quand viendra sa libération », explique-t-il.
Des déplacements massifs de population
Selon Emmanuel Muhozi, l’occupation de Bunagana a provoqué d’importants mouvements de population. De nombreux habitants ont fui vers l’Ouganda voisin, tandis que d’autres se sont déplacés vers Rutshuru-Centre, Goma, Bukavu ou encore Kinshasa.
Au fil de l’évolution du conflit, certaines familles sont retournées dans les zones occupées faute d’alternative, malgré les risques et les difficultés persistantes. D’autres continuent de vivre dans des conditions précaires en dehors de leurs localités d’origine.
Le député souligne que, qu’ils soient restés sur place ou déplacés, les habitants de Bunagana continuent d’attendre leur libération et le rétablissement de l’autorité de l’État.
Un appel à une mobilisation nationale
Pour l’élu de Rutshuru, la République Démocratique du Congo dispose des ressources humaines, diplomatiques et militaires nécessaires pour récupérer les territoires occupés. Il estime toutefois qu’une plus grande détermination et une meilleure coordination nationale sont indispensables.
Emmanuel Muhozi regrette particulièrement que les débats politiques nationaux soient davantage centrés sur la conquête ou la conservation du pouvoir que sur la reconquête des territoires occupés.
Emmanuel Muhozi appelle ainsi les institutions, les partis politiques, les organisations de la société civile, les opérateurs économiques et les confessions religieuses à faire preuve de solidarité envers les populations affectées par la guerre.
Faire de la libération des territoires occupés une priorité
À l’occasion du quatrième anniversaire de l’occupation de Bunagana, le député provincial invite l’ensemble des Congolais à se mobiliser autour de la question de l’intégrité territoriale. Selon lui, la libération des territoires sous occupation devrait constituer une priorité nationale dépassant les clivages politiques. Il
L’élu provincial de Rutshuru appelle notamment à davantage de soutien moral, matériel et spirituel aux populations de l’Est du pays qui continuent de subir les conséquences du conflit. « Toute la nation devrait considérer la libération de nos territoires comme la priorité principale », conclut Emmanuel Muhozi.
La Gazette du Continent
