Le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a condamné avec la plus grande fermeté l’attaque meurtrière perpétrée dans la nuit du 30 au 31 mai 2026 contre un campement des peuples autochtones Mbuti à Ngadi, dans la commune de Ruwenzori, territoire de Beni, au Nord-Kivu.
Selon les informations recueillies, des combattants des Forces démocratiques alliées (ADF) ont mené cette attaque qui a coûté la vie à au moins sept civils. Parmi les victimes figurent six membres de la communauté autochtone Mbuti, dont une femme, ainsi que le comédien et artiste Shukrani Nzanzu Mangese, tué avec plusieurs membres de sa famille. Plusieurs personnes sont également portées disparues.
Une communauté particulièrement vulnérable
Dans son communiqué publié le 2 juin 2026 à Kinshasa, le BCNUDH a présenté ses condoléances aux familles endeuillées ainsi qu’à l’ensemble de la communauté Mbuti, durement touchée par cette tragédie. L’organisme onusien souligne que cette attaque intervient dans un contexte d’insécurité persistante dans le territoire de Beni, marqué par des violences répétées contre les populations civiles.
Les peuples autochtones figurent parmi les groupes les plus exposés en raison des déplacements forcés qu’ils subissent hors de leurs terres ancestrales et de leur accès souvent limité à l’assistance humanitaire.
Rappel des obligations de l’État congolais
Le BCNUDH rappelle qu’en 2022, la République Démocratique du Congo s’est dotée d’une loi portant protection et promotion des droits des peuples autochtones. À ce titre, les autorités ont la responsabilité de garantir la sécurité de tous les citoyens, en accordant une attention particulière aux groupes historiquement marginalisés et davantage exposés aux conséquences des conflits armés.
Selon les données du Bureau conjoint, plus de 300 civils ont été sommairement exécutés par les ADF depuis le début de l’année 2026 dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Appel à une enquête et à une assistance d’urgence
Face à ce nouveau drame, le BCNUDH demande l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante, impartiale et diligente afin d’identifier les responsables et de les traduire en justice. L’institution appelle également les autorités congolaises à renforcer la protection des populations civiles, notamment dans les campements et zones de vie des peuples autochtones.
Elle plaide en outre pour une prise en charge rapide des survivants et la mise en place d’une assistance humanitaire d’urgence en faveur des familles affectées.
Engagement renouvelé contre l’impunité
Le BCNUDH réaffirme enfin son engagement aux côtés des institutions congolaises et des organisations de la société civile pour la promotion et la protection des droits humains en République démocratique du Congo.
L’organisme insiste également sur la nécessité de poursuivre les efforts de lutte contre l’impunité afin que les auteurs de graves violations répondent de leurs actes devant la justice.
La Gazette du Continent
