Le boxeur congolais se lance dans les affaires et il est connu pour ses performances sur les rings internationaux, Martin Bakole poursuit désormais une autre ambition. C’est celle l’entrepreneuriat en République Démocratique du Congo.
De retour au pays après de nombreuses années passées à l’étranger, le pugiliste affirme avoir investi du temps et des ressources pour comprendre le fonctionnement de l’environnement des affaires congolais avant de se lancer. Il rappelle qu’avant sa carrière de boxeur professionnel, il exerçait comme conducteur de taxi-moto, une expérience qui lui a inculqué l’esprit d’initiative et le goût de l’effort.
« Avant même de devenir boxeur, je rêvais déjà de devenir homme d’affaires. Lorsque Dieu m’a ouvert la voie de la boxe, je n’ai jamais abandonné cette ambition », explique-t-il.
Une année sans combat pour comprendre le système congolais
Martin Bakole révèle avoir volontairement consacré une année entière à l’étude du climat des affaires en RDC, au détriment de sa carrière sportive. Selon lui, cette période lui a permis de mieux comprendre les réalités administratives, fiscales et opérationnelles auxquelles sont confrontés les entrepreneurs congolais. « J’ai passé une bonne partie de ma vie à l’étranger. Quand j’ai décidé d’investir chez moi, il fallait comprendre comment fonctionne le système et comment travaillent les différents acteurs », affirme-t-il.
Aujourd’hui, il indique avoir créé une société à responsabilité limitée (SARL) et obtenu l’ensemble des documents administratifs requis pour certaines de ses activités.
Trop de taxes et de services impliqués
L’entrepreneur dénonce toutefois la multiplicité des taxes et des contrôles auxquels sont soumis les opérateurs économiques. Selon lui, les investisseurs congolais doivent faire face à plusieurs services publics intervenant séparément, avec des prélèvements parfois difficiles à identifier. « Nous ne refusons pas de payer les taxes et les impôts. Mais il faut que cela reste raisonnable. Dans notre pays, il y a trop de taxes et parfois nous ignorons même si certaines sont légales ou non », déplore-t-il. Le boxeur estime que cette situation décourage de nombreux Congolais désireux de se lancer dans l’entrepreneuriat.
Plaidoyer pour un guichet unique fiscal
S’inspirant des modèles observés à l’étranger, Martin Bakole plaide pour la création d’un système centralisé permettant aux entreprises de s’acquitter de leurs obligations fiscales auprès d’un seul guichet. Selon lui, un tel mécanisme simplifierait considérablement les démarches administratives et réduirait les tracasseries auxquelles sont confrontés les investisseurs.
« Dans plusieurs pays, toutes les taxes sont regroupées et payées en une seule opération. Ici, les entrepreneurs sont constamment sollicités par différents services, ce qui devient un véritable dérangement », souligne-t-il.
Appel au chef de l’État pour soutenir les entrepreneurs congolais
Martin Bakole invite le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, à prendre des mesures pour améliorer l’environnement des affaires et encourager l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs congolais. Il rappelle que le chef de l’État avait exprimé sa volonté de voir émerger davantage de millionnaires congolais et estime que cet objectif passe nécessairement par un allègement des procédures administratives et fiscales.
Le boxeur dénonce également ce qu’il considère comme une concurrence déloyale de certains opérateurs étrangers qui, selon lui, recourent à des intermédiaires locaux et échappent parfois aux contrôles ou au paiement régulier des taxes. Pour Martin Bakole, la simplification des procédures, la transparence fiscale et l’encadrement équitable des investisseurs constituent des conditions indispensables pour stimuler l’entrepreneuriat national et favoriser la création de richesses en RDC.
La Gazette du Continent
