Le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Denis Kadima Kazadi, a réaffirmé son attachement au respect du cycle électoral en République démocratique du Congo, estimant qu’un éventuel report des élections serait difficilement accepté par la population et constituerait un facteur de tensions politiques.
S’exprimant au micro de RFI Afrique, le président de la centrale électorale a insisté sur la responsabilité des institutions dans la préservation du calendrier électoral et la consolidation du processus démocratique.
« Le Congolais veut des élections. Le Congolais n’acceptera pas que des élus restent au pouvoir au-delà de leur mandat », a-t-il déclaré.
Pour Denis Kadima, il est essentiel que la RDC ne manque aucune échéance électorale en raison d’un manque de préparation ou de diligence de la part de la CENI. Il a rappelé que l’institution qu’il dirige est investie par la Constitution de la mission d’organiser les élections et les référendums.
« Il est important que le pays ne rate pas un cycle parce qu’il n’y a pas eu de diligence du côté de la CENI. Chacun doit jouer sa partition. Dès l’instant où on commence à reporter les élections, vous connaissez le pays : il y a beaucoup de tensions, beaucoup de violences qui s’ensuivent. Et ce n’est pas bien pour la consolidation de la démocratie dans notre pays », a-t-il affirmé.
Le président de la CENI a souligné que son institution est tenue d’être prête à organiser aussi bien des élections que des référendums, conformément à son mandat constitutionnel. Il a toutefois précisé que la décision de recourir ou non à un référendum relève du domaine politique.
« La Constitution nous donne le mandat d’organiser les élections et les référendums. Donc nous sommes tenus d’être toujours prêts pour les élections et pour les référendums. Évidemment, tout dépend. C’est une question éminemment politique. Donc, s’il faut un référendum ou pas, ça, on laisse aux politiciens. Mais une fois qu’ils se sont mis d’accord, la CENI est tenue d’être prête pour pouvoir organiser », a-t-il expliqué.
Sur le plan technique, Denis Kadima estime que l’organisation d’un référendum ne présente pas de difficulté particulière pour la CENI, à condition de disposer du temps nécessaire à sa préparation.
« L’expertise est là, mais il faut qu’on ait assez de temps pour organiser. Mais sinon, techniquement, c’est quelque chose qu’on peut faire d’ailleurs. Un référendum est plus facile qu’une élection. Il n’y a que deux choix : oui ou non. C’est beaucoup plus facile », a-t-il ajouté.
Interrogé sur l’éventualité d’un glissement électoral en 2028, le président de la CENI a livré son analyse en soulignant l’attachement des Congolais au respect des échéances démocratiques.
« Ça, c’est mon analyse : le Congolais tient beaucoup à son cycle électoral. Le Congolais n’accepterait pas un glissement parce que ça sera perçu comme de la manipulation politique pour peut-être éterniser un groupe de gens au pouvoir », a-t-il déclaré.
Tout en reconnaissant l’existence de défis, notamment sur les plans sanitaire et sécuritaire, Denis Kadima a estimé que ces questions nécessitent une réponse concertée de plusieurs institutions de l’État.
Selon lui, l’épidémie actuellement observée demeure localisée et le pays dispose d’une expérience suffisante pour y faire face. En revanche, il considère que l’insécurité persistante dans l’est de la RDC constitue un défi majeur qui dépasse le seul cadre de la CENI.
« Il y a certes, je reconnais, l’insécurité à l’est, c’est aussi un problème majeur. Et là, la CENI seule ne peut pas se prononcer. Il faut que les autres, la défense, la santé, tout le monde entre dans la danse. Mais chacun doit faire sa part », a-t-il conclu.
À travers cette prise de position, le président de la CENI réaffirme la volonté de l’institution électorale de se tenir prête pour les prochaines échéances, tout en appelant l’ensemble des acteurs concernés à assumer leurs responsabilités afin de garantir la continuité du cycle démocratique en République démocratique du Congo.
Tenplar Ngwadi
